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ALWAYS EXPECT UNEXPECTED
Attends-toi à tout - surtout à l'inattendu
si tu n'envisages qu'une vie organisée
où tout est prévu à l'avance
renonce aux voyages
Les sages conseils ne sont pas pour les voyageurs
ils justifient toujours la vie sédentaire
polarisée autour du garde manger
Se laisser dominer par la peur
qui coupe les ailes
c'est renoncer à vivre libre
terre à terre, en serf de soi-même
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 12:44, le 26/08/2008 dans S. ALWAYS EXPECT UNEXPECTED, Mots clefs : |
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PIQUE-NIQUE À KHAJIAR
Je suis libre de mon temps.
C'est un privilège que je m'accorde.
De retour du temple de Chamunda Devi, où j'ai passé quelques heures jusqu'à la tombée de la nuit, je m'installe dans ma dhaba préférée.
Très vite Vikram apparaît, s'assied en face de moi.
-"Que dirais-tu d'un pique-nique à Khajiar ?"
-"Un pique-nique ? Quand ?"
-"Demain c'est dimanche. On prend un bus. C'est à 1h30 de Chamba, pas plus."
"J'avais prévu une randonnée autour de Chamba. A toi de me convaincre que ce pique-nique vaut mieux..."
"Il y aura des jolies filles ! Alors ?"
-"S'il y a de jolies filles..."
Je suis libre de mon temps, mais suis-je libre de refuser un pique-nique dominical avec de jolies filles ?
En fin de matinée, j'ai achevé deux articles en chantier.
Bref, en vacance, je suis prêt à saisir toute sortie agréable.
Après le dîner dans une cyberboutique, je relis par internet les deux articles : quelques retouches s'imposent...
Pas de mels importants dans mes boîtes électroniques, le rêve...
Dans ma chambre, je m'apprête à dormir.
Mais des hommes s'interpellent dans la rue, font un splendide tapage, arrosé de bière. Sans doute des chauffeurs fêtant leur soirée du samedi.
Avant d'éteindre, je mets en marche le ventilateur. Son ronron couvre les bruits extérieurs, s'avère une berceuse idéale.
Retenez le truc. En Inde, c'est très utile.
Cette nuit-là, je ne cesse de rêver.
Des rêves intenses, qui se succèdent presque sans interruption. Du moins en ai-je l'impression.
Tous tournent autour d'un pique-nique à Khajiar.
Mais pas l'ombre de Vikram, ni de la moindre jolie fille...
En cinq secondes, un bus aîlé me dépose devant une prairie concave.
Au centre, un étang à l'eau noirâtre qui pétille.
De temps à autre, elle entre même en ébullition.
Il est encore tôt, des vaches, des moutons et des chevaux arrivent, broutent l`herbe humide.
La prairie d'un vert éclatant ondule sous les rayons du soleil.
Je m'assieds sur un banc en bordure du pré pour écrire.
Des papillons, extrêmement familiers, se posent sur moi. Un gros papillon sombre adore mes pieds, qu'il étudie de la trompe. Un petit papillon jaune préfère mon genou.
Je fouille dans mon sac, pas d'appareil photo. Tout ceci est donc un rêve : dans la réalité, j'ai toujours un petit Canon sur moi ou dans mon sac.
Je veux prolonger ce rêve. Rien n'est plus simple, avec un peu d'entraînement.
Le troupeau de vaches se rapproche.
Une vache broute à deux pas, va me toucher, me regarde. Je comprends...
Elle tend le cou, avale la peau de banane posée sur le banc.
Elle me fait un sourire radieux, puis continue à tondre l'herbe.
Le rêve devient ensuite confus.
Des corneilles chient avec une grande précision sur un chien blanc.
Sans aucun sens de l'humour, le chien aboie furieusement.
Par solidarité, six ou sept chiens aboyent de concert, le temps d'une chanson formatée par le top ten.
Les touristes se comptent par dizaines sur la prairie, venus pour piqueniquer.
Jaillies dont ne sait où, trois sphères translucides bleutées roulent sur l'herbe.
On dirait de gros raisins en plastique, constamment en mouvement.
Curieux, quelques piqueniqueurs les touchent, et disparaissent, absorbés par ces drôles de bestioles. Elles n'en roulent que plus vite.
Une véritable chasse commence.
En quelques minutes, ces boules mangent au moins soixante-dix touristes.
Etrangement, le bétail est épargné.
Quand la prairie ressemble à une table de billard, débarrassée de ses bipèdes, les sphères foncent dans l'étang.
Elles s'y baignent, nagent avec grand plaisir, propulsent quelques jets d'eau - une eau devenue bleue.
Et elles bondissent hors de l'eau, tourbillonnent vers les pins à l'ouest.
La digestion sera longue.
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 12:09, le 24/08/2008 dans R. PIQUE NIQUE a KHAJIAR, Mots clefs : vaches, ventilateur |
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TEMPLES de CHAMBA
J'arrive à Chamba par un temps nuageux, bouché, un temps de mousson un peu déprimant. Mais j'ai la chance qu'il ne pleuve pas.
A 1000 m d'altitude, il fait plus chaud et lourd qu'à Dalhousie, située à 2100 m et noyée dans la verdure, avec ses forêts et ses bois.
Les temples de style sikhara, qui font la réputation de Chamba, sont dispersés.
Certains temples sont petits.
Le temple Harirai, minuscule, à côté de Gandhi Gate, date du XIe s.
Sa ligne est pure, mais on n'y trouve guère de sculptures exceptionnelles.
Le lendemain dans l'après-midi, ce temple est occupé par des excités, perchés au sommet des marches, qui haranguent les passants.
En cette période électorale, ce sont des nationalistes hindous, hurlant inlassablement des sloggans, que je commence à connaître...
Très vite, les passants participent, reprennent les sloggans...
Ecœuré, je vais voir ailleurs, si l'herbe est moins amère.
Le temple Sitaram est situé au-dessus de l'Aroma Palace.
Dédié à Ram, il donne sur une petite place ombragée.
Le quartier est sympathique.
Un peu plus haut, on accède facilement au Rang Mahal.
Un temple, construit au-dessus de Court Rd, est le Champavati.
Le temple sikhara est petit, ses sculptures ont disparu, ou sont dans un mauvais état de conservation.
Il est prolongé par un autre temple, ce qui donne plus d'ampleur au domaine.
Au fond de la cour, des sculptures de lions attirent l'oeil.
La cour sert en partie de dépôt pour des matériaux de construction.
Quand j'arrive, des jeunes y jouent au base-ball, s'enflamment à chaque coup de bate et se chamaillent allègrement.
* * *
L'ensemble le plus connu de Chamba regroupe six temples.
C'est le complexe de Lakshmi Narayan.
A l'entrée, une affiche proclame l'interdiction de photographier. Tout contrevenant aura une contravention de 500 roupies...
Cela complique singulièrement ma visite.
Car je suis fermement décidé à prendre quelques photos, et à ne pas payer d'amende.
Je fais le tour du domaine pour repérer les sculptures et les perspectives intéressantes.
Vers 8h du matin, les fidèles sont nombreux, vont d'un temple à l'autre.
Les prêtres s'affairent dans chaque temple, autour des taureaux Nandi et des idôles de la cour. Puis ils ferment la grille des deux temples de gauche.
Photographier sera difficile !
Assis dans la cour, je m'oblige à la patience. Et j'écris quelques notes.
Vers 9h30, fidèles et prêtres se font plus rares.
Je prends une dizaine de clichés, surtout du temple principal.
Il date du XIe s, est dédié à Vishnou (Lakshmi Narayan). Certaines sculptures sont belles.
Plusieurs fois, je manque d'être surpris par des fidèles, qui arrivent sans crier gare...
Après 10h, la pluie me chasse.
Je compte revenir plus tard.
* * *
Mon temple préféré est celui de Chamunda Devi.
Perché au-dessus de Chamba, on y accède par un long escalier, qui débute au-dessus de la gare routière.
Là-haut, le panorama m'incite à y rester des heures.
On découvre les différentes parties de Chamba et le parcours de la Ravi, des deux côtés de la vallée, à des kilomètres à la ronde.
Temps nuageux avec de la brume. Mais devant cette beauté naturelle, j'éprouve une intense sensation de liberté.
Quand j'accède à la cour, une demie douzaine d'hommes vont et viennent. Ils repartent très vite.
Deux jeunes hommes arrivent, qui veulent me prendre en photo.
C'est d'accord, s'ils me photographient ensuite.
Déroutés par mon numérique, après cinq ou six échecs, ils réussissent enfin à prendre une photo...
Ensuite je suis seul, tranquille, pour tout regarder à mon aise.
Le fronton du temple est décoré de drapeaux rouges et dorés.
Sous le porche, les cloches sont regroupées par dizaines.
Belles sculptures en bois sur les côtés, mais surtout dans les caissons du plafond en bois.
La porte est encadrée par deux fresques, salies par la fumée des bougies et de l'encens.
Derrière, un petit temple sikhara est dédié à Shiva.
Un taureau Nandi garde l'entrée.
Côté Chamba, je reviens m'asseoir en haut des marches pour écrire et contempler le paysage.
Je m'y attarde, car c'est mon premier coup de cœur à Chamba.
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 05:46, le 21/08/2008 dans Q. TEMPLES de CHAMBA, Chamba Mots clefs : vishnou, nationalisme hindou, temple hindou |
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DHALOUSIE
(Fantaisie).
Ne confondons pas Dalhousie, petite ville du nord de l'Inde, avec Andalousie, grande région du sud de l'Espagne.
A la mi-aout, à la fin d'une matinée noyée sous la mousson, je descends du bus de Pathancot.
Que faire, sinon attendre que les trombes de pluie se calment, sous le petit préau de la gare routière ?
Et je tombe nez à museau avec la plus grande chèvre que j'ai jamais croisée, deux fois plus grosse que la normale, une chèvre élevée aux hormones de croissance, aussi large qu'un taureau andalou !
Ne croyez pas que j'exagère.
D'ailleurs, que fait une chèvre couchée au pied du guichet d'une gare routière ? Sinon s'exhiber pour l'étonnement des voyageurs ?
Cet animal aux longs poils est une vedette locale, au même titre qu'une femme à barbe, ou à deux têtes, une curiosité de la nature.
Après de tels débuts, je ne cesse de rencontrer pendant trois jours les animaux les plus variés, dont la bizarrerie m'incite à la réflexion.
Dalhousie est-elle un zoo, ou une station climatique appréciée par les touristes indiens ?
Je parlerai à une autre occasion de ces bizarres bipèdes montés sur roues que l'on appelle communément des touristes, concentrons-nous sur nos frères en animalerie.
Les vaches vont et viennent, comme à leur habitude.
Les chiens mènent leur vie de chien, vagabondent, se grimpent dessus, jouent et japent. Toute la journée, ces bestioles ne manquent jamais une occasion de s'allonger au soleil, dans un coin tranquille.
Certains chiens se mettent à poursuivre une voiture en aboyant. Seul le Dieu des chiens pourrait expliquer leur raison, justifiée, sans nul doute.
Deux soirs, j'en ai surpris lovés à quatre ou cinq, en une boule sympathique.
Comme à Shimla, les singes prolifèrent.
A 6h du matin, en descendant de ma pension vers la gare routière, afin de prendre le premier bus pour Chamba, je croise plusieurs bandes de singes.
A cette heure la route leur appartient.
Six ou sept gros mâles viennent m'inspecter de près.
Evidemment, j'`ai quelques bananes dans mon sac.
Riz, bananes et thé, telle est ma nourriture de base en Inde.
Mais à la douane, je n'ai jamais rien à déclarer.
Alors je suis passé à travers ces amateurs d'un air innocent...
* * *
Il n'y a rien de particulier à faire à Dalhousie, à part se reposer, se promener selon ses envies, respirer un air rafraîchi par les nombreux arbres.
Tout incite à la lenteur, y compris ces nappes de brume, divaguant pianissimo au-dessus des vallées, ou remontant lentement des versants.
D'ailleurs, j'ai photographié une limace dans ses exercices respiratoires matinaux...
Quel fut mon emploi du temps en ce lieu béni de l'Himalaya ?
Par ordre décroissant, sa simplicite m'étonne :
1/. Taper sur le clavier d'un ordinateur dans une cyberboutique : 7 à 8h par jour en moyenne. Ce blog est un vampire qui exige toujours plus d`articles...
2/. Dormir : entre 6 et 7h.
3/. Ecrire sur mon cahier (notes, journal...) : environ 3 à 4h.
4/. Promenades et photo : 3h en moyenne.
5/. Réfléchir et ne rien faire : environ 2h.
6/. Manger et se laver : 1h.
* * *
Dalhousie ressemble à Shimla sous bien des aspects.
L'influence britannique reste forte : dans le style architectural des bâtiments, par la présence d'églises, ou par leur fonction de stations climatiques d'été, à l'altitude supérieure à 2000 mètres.
Shimla est cependant douze fois plus peuplée.
Dalhousie ressemble davantage à une petite ville d'hôtels et de pensions qu'à une petite capitale, rôle qu'assume Shimla.
C'est un lieutenant gouverneur du Punjab, David Mc Leod, qui la baptisa pour honorer un vice-roi des Indes, lord Dalhousie.
J'espèrere que ce haut dignitaire avait le sens de l'humour.
Connaissait-il l'Andalousie ? Rien n'est moins sûr.
D'ailleurs, le cas échéant, il devait lui préférer Gibraltar...
A SUIVRE...
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 11:05, le 20/08/2008 dans P. DALHOUSIE (Fantaisie)., Mots clefs : chiens, chevre, singes |
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ÉÉ
VIOLENCES et SÉPARATISME
au CACHEMIRE
Cet article poursuit l'analyse de "GRÈVE GÉNÉRALE AU CACHEMIRE".
Je m'étais arrêté au 13 août, date de ma dernière connection possible, avant mon départ du Cachemire le 15 août.
Le texte actuel continue la chronologie au 14 août et la tient à jour.
Son but est également d'élargir l'analyse politique, puisque ayant quitté le Cachemire, cette distance la rend possible.
Voici la CHRONOLOGIE des ÉVÈNEMENTS :
- 17 juin 2008 : ouverture du pèlerinage annuel d'Amarnath, entouré d'un important dispositif de sécurité.
- 23 au 25 juin 2008 : la région de Srinagar est secouée par des manifestations de musulmans opposés à la cession de terres à une fondation hindoue pour le pèlerinage d'Amarnath (40 hectares de forêt pour la construction de sanitaires et de logements à destination des pèlerins).
Dénonçant "le renforcement de l'occupation indienne au Cachemire", les factions séparatistes musulmanes ont décidé d'organiser une campagne de protestation.
Le 23 juin, les forces de l'ordre ont tiré à balles réelles sur des manifestants à Srinagar, faisant un mort et des dizaines de blessés.
Les manifestations ont pris l'allure de combats de rue, et se sont étendues à l'ensemble de la vallée.
A Srinagar, ville morte depuis le 23 juin, des postes de police ont été incendiés, des bâtiments officiels endommagés et des véhicules renversés.
A la suite de la mort d'un adolescent, plus d'un millier de manifestants se sont rassemblés, scandant "les Indiens, partez du Cachemire !".
Bilan : trois morts et plus de 140 blessés.
* * *
- 1er juillet 2008 : les forces de l'ordre ont ouvert le feu à balles réelles sur des nationalistes hindous qui manifestent dans la région de Jammu.
Le gouvernement de l'Etat a fini par annuler le transfert de terres pour le pèlerinage d'Amarnath afin d'enrayer le cycle de violence.
D'où la colère du principal parti nationaliste hindou, le Bharatiya Janata Party (BJP).
Les militants du BJP manifestent à Jammu, bloquant les routes principales et forçant les commerces et écoles à fermer leurs portes.
- 4 juillet 2008 : la tension bat de nouveau son plein à Jammu, après le suicide d'un militant hindou protestant contre l'annulation du transfert de 40 hectares de terres à une fondation religieuse organisant le pèlerinage d'Amarnath.
Les autorités ont immédiatement imposé un couvre-feu dans la région.
Des extrémistes hindous protestent contre ce revirement et tentent de bloquer, depuis la région du Jammu où ils sont majoritaires, la seule route qui mène au Cachemire.
Même si celle-ci a été rouverte par l'armée, les camions passent au compte-gouttes.
* * *
- 9 août 2008 : Une quinzaine de morts, des milliers de blessés. C'est le bilan de sept semaines de violences inter-religieuses dans l'Etat de Jammu-et-Cachemire.
Jammu et Srinagar sont des villes mortes : les commerces sont fermés, les routes désertes et les vivres commencent à manquer.
A Srinagar, des militants entament une grève générale ponctuée de violentes manifestations. À l'appel d'organisations islamistes, ils protestent contre les lynchages présumés de musulmans par des manifestants hindous.
À Jammu, la répression policière a fait au moins cinq victimes. Un militant hindou a été tué par l'armée, arrivée en renfort pour maîtriser une foule de plusieurs milliers de personnes qui prenait d'assaut un poste de police.
Le couvre-feu, instauré la semaine précédente reste sans effet.
10 000 soldats ont été appelés en renfort pour tenter d'endiguer l'agitation.
L'appel au calme du gouvernement n'est donc guère suivi.
"Nous poursuivrons nos manifestations jusqu'à ce que les terrains soient rendus pour le pèlerinage", avertit Leela Karan Sharma, à la tête d'une alliance régionale hindoue.
En réponse, le leader islamiste Syed Ali Geelani menace d'une "agitation de masse" si les autorités cédaient aux "fanatiques" hindous.
Pour ne rien arranger, le BJP, qui avait pourtant assuré son soutien à Manmohan Singh, annonce vouloir porter "la revendication des hindous du Cachemire" au niveau national, en appelant à une grève de trois jours.
- 10 au 12 août 2008 : à Srinagar, ville morte, la situation se dégrade radicalement.
Protestation contre le blocage de la route Jammu-Srinagar par des hindouistes radicaux. Impossible d'être approvisionnés en biens de consommation courante ou de vendre les produits maraîchers.
Couvre-feu.
Cinq manifestants musulmans ont été tués par les forces de sécurité indiennes.
Parmi eux, Sheikh Abdul Aziz, l'un des leaders de la APHC (All Parties Hurriyet Conference). L`APHC fait l`unité des partis séparatistes.
- 13 août 2008 : la police tue plusieurs personnes en début de soirée.
Pendant des heures, messages sonorisés des mosquées de Srinagar, enflammés et vengeurs...
- du 12 au 16 août 2008 : les émeutes font 23 morts et près de 600 blessés.
Après le lever du couvre-feu, les séparatistes clament dans les rues de Srinagar : "Vive le Cachemire libre !"
Fait nouveau, tous les mouvements séparatistes adoptent le même drapeau vert.
- 15 août 2008 : les séparatistes appellent au boycott du 61 ème anniversaire de l'indépendance de l'Inde en brandissant des drapeaux noirs dans les rues.
Dans le stade de Srinagar, entièrement vide, la parade officielle n'a duré que 15 minutes...
- 16 août 2008 : le drapeau vert a été hissé en haut d'une horloge, dans le quartier de Lal Chowk, à la place du drapeau indien. Devant des forces de police impassibles, des habitants saluent le nouvel étendard de la révolte cachemiri.
- 18 août 2008 : des dizaines de milliers de musulmans manifestent à Srinagar avec des drapeaux verts et noirs. Devant les locaux de l`ONU, ils réclament l'intervention de l'ONU dans la crise avec les autorités indiennes.
À SUIVRE...
SOURCES de la CHRONOLOGIE :
1/. Articles sur "Aujourd'hui l'Inde" : http://www.aujourdhuilinde.com
- Notamment, les articles de Thomas Pekish :
. Polémiques autour d`un pèlerinage hindou : le Cachemire indien en ébullition (25/6/2008).
. Violences religieuses au Cachemire indien : le Premier ministre appelle au calme (9/8/2008).
2/. Article de Julien Bouissou, du Monde : "A Srinagar, l'Inde célèbre son 61e anniversaire dans le sang" (17.08.2008).
3/.
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 11:11, le 19/08/2008 dans O3. VIOLENCES et SEPARATISME au CACHEMIRE, Mots clefs : assassinat, couvre-feu, BJP, nationalisme hindou, separatisme cachemiri, greve generale |
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NUIT BLANCHE À SRINAGAR
Vers 19h30, je reviens à la gare routière de Srinagar.
Je m'assieds près des guichets sous une cabane à côté d'une famille punjabie. Ils reviennent d'Amarnath et retourne chez eux, à Ludhiana.
La première fois, je suis le mouvement. Mais l'homme sortait pour une autre raison. Tous reviennent lentement en pataugeant dans la boue sous la pluie.
Un autre homme sort en faisant de grands discours, on le suit aussitôt, en vain...
Il recommencera cette scène trois ou quatre fois. Chaque fois, des voyageurs crédules le suivront !
Vers minuit, je décide de ne plus regarder ma montre.
Cela va durer, à quoi bon m'en faire ?
Je ne bouge plus de ma place, installé sur mon gros sac à dos. Je suis plutôt favorisé par rapport à beaucoup de voyageurs, exposés à la pluie.
Seule l'arrivée d'un bus me tire de la cabane, comme un ressort !
A chaque fois je reviens bredouille.
Soit le numéro ne correspond pas. Soit le bus n'a pas de numéro et reste garé pour longtemps...
Dans la cour, les flaques sont devenues des étangs et l'on saute d`île en île, pour la forme, car nous sommes crottés depuis longtemps.
Quand un bus sort de la gare, plein de passagers, la tentation est forte de se lever, pour vérifier le numéro. Aurais-je mal vu, raté le bus 90 dans l'obscurité ?
J'y cède deux heures, avant d'y renoncer.
Ce sont les premières heures du 15 août, fête nationale de l'Inde.
Aucun bus ne circule ce jour ferié.
Si je rate mon bus, je devrais attendre le 16 au soir... Cela motive pour rester éveillé malgré la fatigue.
Pendant une heure ou deux, plus aucun bus ne rentre.
Soudain, je sens le jour qui se lève. Pas besoin de regarder ma montre, il est 5h, à quelques minutes près...
J'ai dû m'assoupir un moment. Autour de moi, les mêmes visages vont et viennent.
J'ai l'impression qu'un jeune d'une vingtaine d'années, poussé par l'angoisse, n'a cessé de marcher toute la nuit, en quête du bus 89...
Un bus, puis un autre arrivent. Grand mouvement de voyageurs !
Mais ils se garent à l'extérieur de la gare routière, Nous sortons pour voir leurs numéros : 86 et 88... Ils chargent les passagers sur la chaussée.
L'un après l'autre, ils démarrent vers Jammu.
Plus tard, un autre bus, le 87 se gare aussi a l`exterieur.
J`ai envie de demenager mes affaires devant le portail de la gare.
Mais je me calme. Il pluviote, mes sacs sont au sec, qu`ils y restent !
Et je me rassieds a couvert.
Vers 6h10, une automitrailleuse precede un convois de bus impressionnant.
Cette fois c`est la bonne !
Sept ou huit bus entrent et se garent dans la cour en aspergeant les voyageurs les plus presses.
Je trouve enfin le bus 90 !
Retour a la cabane, je saisis les deux sacs, grimpe dans le bus.
Une vitre a explose et de nombreux eclats de verre sont eparpilles sur un siege et le sol.
L`Intifada continue. Car la plupart des passagers sont des pelerins hindouistes d`Amarnath. Et les separatistes cachemiris s`attaquent aux vehicules.
C`est la riposte aux 40 ha de forets que la societe organisatrice du pelerinage d`Amarnath a voulu acquerir en juin dernier au Cachemire...
Je monte sur la galerie du toit poser mon sac a dos, trop gros pour entrer dans les filets a l`interieur. Tant pis s`il pleut trop fort...
J`ai la place n. 1, derriere le chauffeur, j`y depose mon petit sac. Ma vitre est intacte...
Dehors, toilette soignee a un tuyau pres des toilettes. J`etais d`une salete repoussante, encrasse de boue.
Au retour, je remarque un vehicule tous terrains, dont plusieurs vitres ont eclate. Les cailloux ne coutent rien...
A 6h50, depart du bus 90 de la gare routiere de Srinagar.
Tout va bien, je suis a l`interieur...
Un sadhu de Madras les accompagne.
Comme il parle bien anglais, je converse surtout avec lui. D'après lui, les premiers bus pour Jammu n'arriveront que vers 22h, et beaucoup d'autres arrivont dans la nuit.
La mère m'offre du riz aux lentilles et des chapatis, qu'elle puise dans la gamelle familiale. Ce dîner m'est utile car je n'ai que quelques biscuits. Et tous les restaurants et gargotes sont fermés aujourd'hui comme hier...
À 21h30, un premier bus, plein de passagers, part pour Jammu. C'est le numéro 95. J'ai le numéro 90, alors que la famille et le sadhu ont le numéro 75.
D'après le sadhu, je risque de partir dans un des derniers bus...
Cet après-midi, je croyais partir pour Jammu vers 18h, puis vers 20h...
Je constate que la patience s'impose...
Avec la nuit, ma chemise longue ne suffit plus, j'enfile une polaire.
Ensuite, les bus entrent dans la gare routière au compte-goutte, ou par groupe de deux ou trois...
Nous nous précipitons pour regarder le papier fixé sur la pare-brise, avec son numéro. Dans l'obscurité, c'est difficile, car ma lampe a un faux contact.
Souvent le bus n'a pas de numéro. Ou bien il ne repart pas, le chauffeur en descend et laisse son bus au parking.
Déception chaque fois que le numéro ne correspond pas avec celui de son billet...
La pluie commence. Un afflux de voyageurs se réfugie dans la cabane. Ma position devient plus inconfortable...
Peu à peu, le sol regorge d'eau, les flaques se rejoignent. A chaque arrivée de bus, nous pataugeons dans la boue...
Vers 23h, mes compagnons, au chaud dans le bus 75, quittent Srinagar pour Jammu. Good luck !
Impossible de dormir, repérer le bon bus exige d'être vigilant.
Des centaines de personnes, comme moi, espèrent que leur bus arrivera bientôt...
Les rumeurs sont constantes.
Un homme sort des guichets. Aussitôt une foule le suit : "Il va coller un papier sur un bus, voyons son numéro !"
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 07:50, le 18/08/2008 dans O2. NUIT BLANCHE a SRINAGAR, Srinagar Mots clefs : sadhu, gare routiere, pelerins, bus, Discussions |
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GOODBYE, CACHEMIRE !
Le 12 août marque le tournant de mon séjour à Srinagar.
J'y séjourne depuis dix jours, mais je souhaite rester au moins une semaine supplémentaire au Cachemire.
Le 11 août, les signes négatifs s'accumulent.
D'abord, la grêve générale dure depuis onze jours !
Avec son cortège peu réjouissant : boutiques fermées, opérations ville morte, couvre-feu, combats de rues,...
À l'hôtel Crescent, la soirée du 11 août est lugubre...
Dans la salle du restaurant de l'hôtel, les discussions vont bon train.
Mushtak, un des deux frères hôteliers, un Cachemiri, un Italien et le fils de Youssouf, nous discutons longuement de la situation. Le pessimisme est de rigueur.
Le 12 août, je prévoie une matinée en barque pour voir le marché flottant .
Youssouf envisage un départ à 4h30, ce qui me convient.
Mais de 4h à 4h30, des tornades d'eau laissent peu despoir. Je me recouche.
Inutile d'aller retrouver Youssouf par un temps pareil.
Au cours de cette matinée du 12 août, on m'apprend que la police a tué cinq jeunes manifestants musulmans.
Les combats de rues redoublent.
Tout est fermé. Les gens se cloîtrent chez eux.
Voir ma réaction dans : DU SANG À SRINAGAR.
Le fils de mon hôte, environ 20 ans, martèle ses phrases avec une conviction de fanatique. Il compare la situation du Cachemire avec la Palestine. Une Intifada himalayenne, en somme.
Quand il parle d'Azad Kashmir, d'ouverture de la route vers le Pakistan, ses yeux brillent. Il apprécie l'ayatollah Khomeiny... Il réclame l'indépendance du Cachemire.
Je me lasse de ses idées et de son style tranchant.
Je préfère parler avec Youssouf, le Cachemiri voisin et l'Italien toujours fourré chez nous.
Le soir du 12 août, dépité par cette journée d'inaction forcée, j'envisage de quitter le Cachemire plus tôt que prévu.
Le 13 août de 4h30 à 8h, visite en barque du marché flottant aux légumes sur le lac Dal.
Cette merveilleuse promenade matinale sauve une journée sinistre...
Aucune boutique n'est ouverte.
Ma cyberboutique préférée reste cadenassée toute la journée à cause des combats de rues entre manifestants et forces de l'ordre.
En soirée, d'autres morts s'ajoutent à une liste déjà longue...
(Voir l'article : GRÈVE GÉNÉRALE AU CACHEMIRE).
Au cours d'une promenade matinale, le 14 août, sur le Bund le long de la Jehlum, je fais un bilan de la situation.
À quoi bon rester à Srinagar ?
Ce n'est plus une ville, mais un désert. L'ambiance est détestable.
Je déjeune dans une épicerie, la seule boutique ouverte à un kilomètre à la ronde...
Discussion avec le patron de la situation politique.
Selon lui, la veille vers 19h30, la police est entrée chez des gens et a tiré. Le bilan est sanglant : 30 morts et de nombreux blessés. (Ce nombre de 30 morts doit être vérifié...)
C'est pourquoi les mosquées étaient en ébullition toute la soirée !
Pendant des heures, elles ne cessaient de diffuser des messages sonorisés, truffés de Allah Akhbar...
Tout ce bruit m'empêche longtemps de m'endormir.
Le patron souhaite l'ouverture des routes vers le Pakistan et vers l'Inde, pour assurer le ravitaillement correct du Cachemire.
-"À quand remontent les dernières élections ?"
-"À 2002 ! Mais seulement un pour cent de la population a voté ! En réalité, les partis politiques du Cachemire ne veulent plus d'élections. Ils veulent directement l'indépendance..."
En sortant du restaurant, je décide de quitter Srinagar et le Cachemire. Car à Gulmarg, à Sonamarg ou ailleurs au Cachemire, la situation sera aussi catastrophique.
Le mieux est d'aller à la gare routière pour acheter un billet de bus pour Jammu. Et partir le lendemain matin par le premier bus.
Arrivé à la gare routière, je vais de surprise en surprise.
D'abord, les trois guichets sont pris d'assaut. Trois très longues queues d'Indiens excités, compressés les uns contre les autres, me plongent dans l'ambiance.
Je prends la file numéro deux...
Résolu à la plus absolue patience.
Une heure et demie plus tard, c'est mon tour.
Impossible de partir le lendemain pour deux raisons : c'est le 15 août, fête nationale, aucun bus ne circule ; et l'on n'achète un billet que pour le jour même...
J'achète aussitôt un billet pour Jammu. À quelle heure part-il ?
Le guichetier est incompréhensible. Il ne sait pas ! Un bus part peut-être dans une demie heure, un autre sans doute dans une heure, mais rien n'est certain...
Le temps de revenir à l'hôtel, de préparer mon sac, impossible de prendre ces deux bus...
-"Y-a-t-il d'autres bus, Sir ?"
Mais la foule derrière moi s'impatiente. Le guichetier s'occupe du client suivant et refuse de me répondre (d'ailleurs, me comprend-t-il, j'en doute).
Je fonce à l'hôtel, prépare mon sac à dos, fais mes adieux à la famille tenant l'hôtel Crescent.
Peu après 16h, je suis de retour à la gare routière.
Auprès du Manager, dans un bâtiment à part, je trouve de meilleurs renseignements.
Mon bus est un bus de nuit. Il ne part qu'après l'arrivée du bus de Jammu, prévue entre 19h30 et 20h30. Inutile de venir à la gare avant 20h...
J'attends sur un banc en face du Tourism Information Center, à deux pas de la gare routière jusqu'à 19h30.
Retour à la gare routière. Attendre, je sais faire...
Mais ce départ de Srinagar sera plus difficile que je ne l'imagine,
Voir l'article : NUIT BLANCHE À SRINAGAR.
Lionel Bonhouvrier.
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Publié à 06:50, le 18/08/2008 dans O1. GOODBYE CACHEMIRE !, Srinagar Mots clefs : guichet, queues, gare routiere, ville morte, assassinat, couvre-feu, greve generale, Discussions |
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AIGLES et HOUSE-BOATS
de SRINAGAR
A ma descente du bus à Srinagar, ma première impression est la pugnacité des propriétaires de house-boats, voulant louer leurs chambres désespéremment vides.
La seconde, ce sont les aigles.
Ils planent au-dessus de la Jehlum, près du house-boat où je dors quatre nuits.
Depuis deux semaines, je contemple leurs vols planés au-dessus de la Jehlum, du lac Dal, des jardins moghols, ou de la chambre de mon hôtel.
Leur élégance me transporte.
En Europe, nous ne vivons plus avec les aigles. Il faut absolument les y réintroduire.
À Srinagar, je loge d'abord dans un house-boat, le Life of Star.
Il est ancré sur la Jehlum entre deux ponts : Abdullah bridge et Zero bridge.
Une famille l'habite, composée de deux frères, ayant femme et enfants, et de leurs parents âgés.
Trois chambres triples sont à louer, mais les affaires sont difficiles.
Peu de clients, qu'il faut racoler à la gare routière à l'arrivée des bus.
Avec la concurrence des autres propriétaires de house-boat.
Entre les deux ponts et au-delà, de nombreux house-boats sont amarrés.
Beaucoup sont vides, je pense...
* * *
Vers 6h30 un matin, une grande barque de bois à fond plat s'immobilise sur le fleuve à douze mètres de ma chambre.
Quatre hommes habillés marchent sur le fond, de l'eau jusqu'au nombril.
L'un deux déplace la barque en tirant une corde fixée à la proue.
A l'aide d'une pelle, ils extraient de la vase dans le lit du fleuve pour remplir peu à peu leur barque. Les tas de vase s'amoncellent.
A 7h, trois barques sont immobilisées entre mon house-boat et le pont Abdullah.
Chaqu'une embarque trois ou quatre ouvriers.
À la poupe, une cabane de planches contient sans doute leurs objets personnels. Son toit n'est qu'une bâche de plastique.
Les tas de vase grossissent à chaque pelletée.
Le fleuve fourmille de vie à tous les moments de la journée.
Deux pêcheurs dans leur barque approchent à quelques mètres, jettent leur filet près de la rive.
Dans le ciel, des aigles planent au-dessus de l'eau, en larges cercles.
Soudain, ils piquent dans l'eau, ramènent un poisson dans leurs serres.
Je tente de les photographier, mais mon appareil n'est pas adapté. Il me faudrait des heures de patience, pour un médiocre résultat.
Dans mon esprit, les aigles de Srinagar symbolisent les oiseaux, qui font de cette ville une merveille.
Innombrables, ils sont d'espèces différentes.
Je distingue au moins trois espèces de rapaces : aigles, buses, éperviers.
À leur silhouette et à leur vol, je compte au moins une douzaine d'espèces différentes (corneilles, ménates, étourneaux...), sans compter les moineaux, pigeons, tourterelles...
En soirée, sur la rive du Life of Star, des centaines d'étourneaux enfouis dans le feuillage des arbres, paillent en un raffut de tous les diables.
Le bateau est amarré assez loin pour que ce concert soit agréable.
Mais les propriétaires possèdent au pied des arbres des cages pour le coq et les poules. Aux premières loges, la volaille reçoit les déjections des étourneaux...
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