TEMPLES de CHAMBA
J'arrive à Chamba par un temps nuageux, bouché, un temps de mousson un peu déprimant. Mais j'ai la chance qu'il ne pleuve pas.
A 1000 m d'altitude, il fait plus chaud et lourd qu'à Dalhousie, située à 2100 m et noyée dans la verdure, avec ses forêts et ses bois.
Les temples de style sikhara, qui font la réputation de Chamba, sont dispersés.
Certains temples sont petits.
Le temple Harirai, minuscule, à côté de Gandhi Gate, date du XIe s.
Sa ligne est pure, mais on n'y trouve guère de sculptures exceptionnelles.
Le lendemain dans l'après-midi, ce temple est occupé par des excités, perchés au sommet des marches, qui haranguent les passants.
En cette période électorale, ce sont des nationalistes hindous, hurlant inlassablement des sloggans, que je commence à connaître...
Très vite, les passants participent, reprennent les sloggans...
Ecœuré, je vais voir ailleurs, si l'herbe est moins amère.
Le temple Sitaram est situé au-dessus de l'Aroma Palace.
Dédié à Ram, il donne sur une petite place ombragée.
Le quartier est sympathique.
Un peu plus haut, on accède facilement au Rang Mahal.
Un temple, construit au-dessus de Court Rd, est le Champavati.
Le temple sikhara est petit, ses sculptures ont disparu, ou sont dans un mauvais état de conservation.
Il est prolongé par un autre temple, ce qui donne plus d'ampleur au domaine.
Au fond de la cour, des sculptures de lions attirent l'oeil.
La cour sert en partie de dépôt pour des matériaux de construction.
Quand j'arrive, des jeunes y jouent au base-ball, s'enflamment à chaque coup de bate et se chamaillent allègrement.
* * *
L'ensemble le plus connu de Chamba regroupe six temples.
C'est le complexe de Lakshmi Narayan.
A l'entrée, une affiche proclame l'interdiction de photographier. Tout contrevenant aura une contravention de 500 roupies...
Cela complique singulièrement ma visite.
Car je suis fermement décidé à prendre quelques photos, et à ne pas payer d'amende.
Je fais le tour du domaine pour repérer les sculptures et les perspectives intéressantes.
Vers 8h du matin, les fidèles sont nombreux, vont d'un temple à l'autre.
Les prêtres s'affairent dans chaque temple, autour des taureaux Nandi et des idôles de la cour. Puis ils ferment la grille des deux temples de gauche.
Photographier sera difficile !
Assis dans la cour, je m'oblige à la patience. Et j'écris quelques notes.
Vers 9h30, fidèles et prêtres se font plus rares.
Je prends une dizaine de clichés, surtout du temple principal.
Il date du XIe s, est dédié à Vishnou (Lakshmi Narayan). Certaines sculptures sont belles.
Plusieurs fois, je manque d'être surpris par des fidèles, qui arrivent sans crier gare...
Après 10h, la pluie me chasse.
Je compte revenir plus tard.
* * *
Mon temple préféré est celui de Chamunda Devi.
Perché au-dessus de Chamba, on y accède par un long escalier, qui débute au-dessus de la gare routière.
Là-haut, le panorama m'incite à y rester des heures.
On découvre les différentes parties de Chamba et le parcours de la Ravi, des deux côtés de la vallée, à des kilomètres à la ronde.
Temps nuageux avec de la brume. Mais devant cette beauté naturelle, j'éprouve une intense sensation de liberté.
Quand j'accède à la cour, une demie douzaine d'hommes vont et viennent. Ils repartent très vite.
Deux jeunes hommes arrivent, qui veulent me prendre en photo.
C'est d'accord, s'ils me photographient ensuite.
Déroutés par mon numérique, après cinq ou six échecs, ils réussissent enfin à prendre une photo...
Ensuite je suis seul, tranquille, pour tout regarder à mon aise.
Le fronton du temple est décoré de drapeaux rouges et dorés.
Sous le porche, les cloches sont regroupées par dizaines.
Belles sculptures en bois sur les côtés, mais surtout dans les caissons du plafond en bois.
La porte est encadrée par deux fresques, salies par la fumée des bougies et de l'encens.
Derrière, un petit temple sikhara est dédié à Shiva.
Un taureau Nandi garde l'entrée.
Côté Chamba, je reviens m'asseoir en haut des marches pour écrire et contempler le paysage.
Je m'y attarde, car c'est mon premier coup de cœur à Chamba.
Lionel Bonhouvrier.
|