DHALOUSIE
(Fantaisie).
Ne confondons pas Dalhousie, petite ville du nord de l'Inde, avec Andalousie, grande région du sud de l'Espagne.
A la mi-aout, à la fin d'une matinée noyée sous la mousson, je descends du bus de Pathancot.
Que faire, sinon attendre que les trombes de pluie se calment, sous le petit préau de la gare routière ?
Et je tombe nez à museau avec la plus grande chèvre que j'ai jamais croisée, deux fois plus grosse que la normale, une chèvre élevée aux hormones de croissance, aussi large qu'un taureau andalou !
Ne croyez pas que j'exagère.
D'ailleurs, que fait une chèvre couchée au pied du guichet d'une gare routière ? Sinon s'exhiber pour l'étonnement des voyageurs ?
Cet animal aux longs poils est une vedette locale, au même titre qu'une femme à barbe, ou à deux têtes, une curiosité de la nature.
Après de tels débuts, je ne cesse de rencontrer pendant trois jours les animaux les plus variés, dont la bizarrerie m'incite à la réflexion.
Dalhousie est-elle un zoo, ou une station climatique appréciée par les touristes indiens ?
Je parlerai à une autre occasion de ces bizarres bipèdes montés sur roues que l'on appelle communément des touristes, concentrons-nous sur nos frères en animalerie.
Les vaches vont et viennent, comme à leur habitude.
Les chiens mènent leur vie de chien, vagabondent, se grimpent dessus, jouent et japent. Toute la journée, ces bestioles ne manquent jamais une occasion de s'allonger au soleil, dans un coin tranquille.
Certains chiens se mettent à poursuivre une voiture en aboyant. Seul le Dieu des chiens pourrait expliquer leur raison, justifiée, sans nul doute.
Deux soirs, j'en ai surpris lovés à quatre ou cinq, en une boule sympathique.
Comme à Shimla, les singes prolifèrent.
A 6h du matin, en descendant de ma pension vers la gare routière, afin de prendre le premier bus pour Chamba, je croise plusieurs bandes de singes.
A cette heure la route leur appartient.
Six ou sept gros mâles viennent m'inspecter de près.
Evidemment, j'`ai quelques bananes dans mon sac.
Riz, bananes et thé, telle est ma nourriture de base en Inde.
Mais à la douane, je n'ai jamais rien à déclarer.
Alors je suis passé à travers ces amateurs d'un air innocent...
* * *
Il n'y a rien de particulier à faire à Dalhousie, à part se reposer, se promener selon ses envies, respirer un air rafraîchi par les nombreux arbres.
Tout incite à la lenteur, y compris ces nappes de brume, divaguant pianissimo au-dessus des vallées, ou remontant lentement des versants.
D'ailleurs, j'ai photographié une limace dans ses exercices respiratoires matinaux...
Quel fut mon emploi du temps en ce lieu béni de l'Himalaya ?
Par ordre décroissant, sa simplicite m'étonne :
1/. Taper sur le clavier d'un ordinateur dans une cyberboutique : 7 à 8h par jour en moyenne. Ce blog est un vampire qui exige toujours plus d`articles...
2/. Dormir : entre 6 et 7h.
3/. Ecrire sur mon cahier (notes, journal...) : environ 3 à 4h.
4/. Promenades et photo : 3h en moyenne.
5/. Réfléchir et ne rien faire : environ 2h.
6/. Manger et se laver : 1h.
* * *
Dalhousie ressemble à Shimla sous bien des aspects.
L'influence britannique reste forte : dans le style architectural des bâtiments, par la présence d'églises, ou par leur fonction de stations climatiques d'été, à l'altitude supérieure à 2000 mètres.
Shimla est cependant douze fois plus peuplée.
Dalhousie ressemble davantage à une petite ville d'hôtels et de pensions qu'à une petite capitale, rôle qu'assume Shimla.
C'est un lieutenant gouverneur du Punjab, David Mc Leod, qui la baptisa pour honorer un vice-roi des Indes, lord Dalhousie.
J'espèrere que ce haut dignitaire avait le sens de l'humour.
Connaissait-il l'Andalousie ? Rien n'est moins sûr.
D'ailleurs, le cas échéant, il devait lui préférer Gibraltar...
A SUIVRE...
Lionel Bonhouvrier.
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