Le LAC DAL (DAL LAKE).
Ce lac magnifique donne une partie de son cachet à Srinagar, et au delà à toute la région.
Le premier jour, j'ai été séduit par les house-boats, les shikaras, cette ambiance nautique, qui transforme les relations humaines.
Finis les embouteillages et les énervements de la route.
On pagaie silencieusement, on stationne au milieu du lac pour pêcher.
Les gens viennent sur les berges pour rêver, ou regarder les passants.
Ce lac est propice aux pensées philosophiques.
* * *
Se promenant près de l'écluse du lac Dal, on se fait alpaguer par une foule d'individus.
-"Shikaras ! Shikaras !", crient ceux-ci, plus tenaces que les gondoliers de Venise.
-"My friend, I have for you good accomodations. Very cheap. One hundred roupies only ! Come with me, my friend !"
Je ne peux sentir ces "My friend !".
J'ai peu d'amis, de vrais amis, grâce à Dieu !
Tous ces commercants racolant sur le mode amical m'énervent.
(Nous sommes éloignés des idéaux philosophiques, non ?)
* * *
En pédalant vers le jardin botanique, je vois des algues entassées sur la berge.
Je m'arrête.
Dans leur barque, des pêcheurs ramassent les algues polluant les eaux du lac.
Avec une fourche, ils les propulsent sur la berge.
Des camions les emportent ensuite pour les utiliser à d'autres fins.
Avant leur passage, des vaches broutent ces algues, un met de choix, semble-t-il.
Plus loin, huit jets d'eau alignés propulsent leurs courbes blanches dans l'espace.
C'est un spectacle curieux en ce coin désert du lac...
Mais cela donne un cachet à cette anse, qui sans ces jets d'eau passerait inapercue.
J'ai la chance de voir très bien plusieurs oiseaux.
Un colibri, cet oiseau-mouches, si fin, si beau.
Il s'enfuit à mon approche.
Une sorte d'aigrette, blanche, qui me regarde passer à vélo.
Canards et oies sont assez nombreux le long de la rive, avec quelques cygnes.
Au long de la route, cela grouille de policiers et surtout de militaires, avec mitraillettes ou fusils mitrailleurs.
L'entrée d'un Centre de Conférences est protégé par des soldats armés.
À un croisement, je remarque une automitrailleuse, entourée de militaires.
Cette route file ensuite vers le Ladakh par Sonamarg et Kargil, c'est un axe sensible étroitement surveillé.
Au niveau du jardin Nishat, un check-point fonctionne avec des barrières en quinconce obligeant les véhicules à ralentir.
* * *
De retour du jardin Nishat après 19 h, le soleil amorce son déclin.
Sa boule jaune vif se couche sur le lac, donne un magnifique spectacle.
Trois-quart d'heure de route me sépare de mon hôtel et je ne veux pas rouler longtemps de nuit. Je pédale donc rapidement.
Mais je remarque une foule de choses intéressantes.
Une paysanne mène son troupeau d'oies sur le trottoir.
De nombreuses personnes sont assises sur la rive, regardant le lac et le coucher de soleil, alors que résonnent les voix d'imams de deux mosquées proches.
Les jets d'eau sur le lac continuent à pulser vers le ciel leur écume blanche.
Imperturbables, des pêcheurs à la ligne prolongent leur vice favori sur la berge ou dans leur barque.
Des vaches broutent les tas d'algues sur les berges.
Des gens vendent des légumes ou autres marchandises en bord de route.
Quelques jours plus tard, je vais jusqu'au milieu du lac Dal en barque.
Un marché flottant aux légumes s'y tient tôt le matin.
Voir l'article : LE MARCHÉ FLOTTANT DU LAC DAL.
Lionel Bonhouvrier.
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