JARDIN MOGHOL SHALIMAR
(Srinagar).
Situés au-delà des jardins Nishat, à une douzaine de kilomètres du centre de Srinagar, on y accède par la même route. (10 Rs pour les adultes, 5 Rs pour les enfants).
Le pneu avant du vélo de l'hôtel est encore à plat. Il est crevé et se dégonfle lentement. Je n'ai pas le courage d'attendre quatre ou cinq heures, le temps qu'on trouve une pompe...
Je m'y rends en bus. C'est pratique et cela ne coûte rien.
L'ensemble est très homogène. Les jardins forment un grand rectangle, centré sur les bassins et les pavillons.
Mais cet espace est moins vaste qu'à Nishat, où l'on ressent une sensation d'immersion en pleine nature.
La logique de l'axe central est d'une stricte rigueur.
Les pavillons sont entourés d'eau car servent d'axe aux bassins et donc aux nombreux jets d'eau. Des pelouses agrémentées de parterres de fleurs ornent cet axe.
Les différences avec Nishat sont assez nettes.
Shalimar contient beaucoup plus de pavillons que Nishat. Au fond, le plus grand est une sorte de palais d'été, dont les salles sont ouvertes. À l'époque des Moghols, les salles étaient peut-être isolées par des tentures, ou fermées par des portes.
De plus, la pente des différents bassins est moins forte qu'à Nishat.
À Shalimar, les éléments (bassins, cascades, pavillons) se succèdent insensiblement.
Ce jardin est plus urbain, dessiné avec un goût plus "classique".
Cette rigueur, ainsi que les nombreux pavillons, lui donnent un air japonais.
Les point communs sont évidemment les plus nombreux.
Des deux côtés de l'axe central, Shalimar possède aussi des jardins et des parcs avec grands arbres et parterres de fleurs.
Cerisiers, pommiers, roseraies, oeillets d'Inde, pétunias, roses trémières, chrysantèmes, lilas...
* * *
Sous un arbre à l'écart, je m'assieds sur une pelouse pour écrire.
À une vingtaine de mètres, un tournage de film historique commence près de l'axe central.
Sous un arbre, des acteurs en costumes moghols se maquillent.
Plus tard, on filme une scène avec quatre acteurs, au milieu de panneaux qui réfléchissent la lumière.
Une foule d'Indiens et une poignée d'Occidentaux s'agglutinent autour de ce brassage de vent. Sans doute un téléfilm de plus sur les Moghols...
Mais cela m'arrange parfaitement.
Pendant deux heures, je peux écrire un poème, retranché dans la pensée, comme invulnérable à l'écume de l'argent que brasse le cinéma.
En réalité, je suis quand même interpellé trois fois : par un garçon, puis par deux adolescents, enfin par deux hommes...
Me voyant occupé à écrire, n'écoutant que leur envie de discuter, ils n'hésitent pas à me déranger.
Les deux hommes proposent de s'asseoir près de moi. Je dois finir la dernière partie du poème. Je refuse donc fermement. Désarçonnés, ils me regardent stupidement. Je ne veux pas d'eux, çà alors !
à suivre...
Lionel Bonhouvrier.
|
Publié à 04:06, le 11/08/2008 dans M4. JARDIN SHALIMAR (Srinagar), Srinagar Mots clefs : touristes, sans-gene, pavillon moghol, jets d`eau, cinéma, poeme, jardin, bassins |
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien |
|