Nous aurons tout le temps de nous reposer
quand nous ne serons plus
qu'un pâle souvenir pour quelques survivants
Tant que la Terre nous porte
sachons mettre le sommeil en veilleuse
presser le temps de son essence
et dire à la fatigue d'aller se pendre ailleurs
où l'on broûte les pissenlits par la racine
ayant avalé son bulletin de naissance
Ne nous conformons pas à l'hypnose générale
qui de nos vies fait des moulins à vent
brassant les corridors de l'inutile
dans une pure niaiserie collective
Tant que la Terre nous porte
la merveille de vivre tient la nuit en respect
nous transformons nos rêves dans nos actes diurnes
tissant nos heures et nos jours
inventeurs d'une vie de miracles
et tant pis pour les chouettes ébahies
jeteuses de mauvais sorts
prédisant les pires catastrophes
nous en rions en nous brossant les dents
Prenons le quart, vigies de l'humaine condition
tenons le cap dans les quarantièmes rugissants
garder la mesure, son rythme propre
ouvre les portes d'ivoire
la musique tambourine en nos coeurs
comme une éternité
la nuit jamais n'aura le dernier mot