TEMPLE de NAINA DEVI
Je dedie ce texte aux 140 morts
et aux nombreux pelerins blesses
sur le chemin du Naina Devi
le 3 aout 2008.
Ce 22 juillet 2008 vers 14h30, je m`installe dans un bus a la gare routiere d`Anandpur Sahib.
L`attente a l`interieur du bus bonde est une epreuve insupportable. La chaleur y est intenable. Je ruisselle de sueur. Pourtant, je supporte assez bien la chaleur en general.
Mais comme le conducteur est sur son siege, je m`interdis de descendre pour me refugier sous un arbre. Le chauffeur et les passagers s`epongent le visage.
Chaque minute est interminable...
Les quinze minutes d`attente compte au moins pour une heure !
Enfin, le bus demarre pour le temple hindou de Naina Devi, situe a 18 km d`Anandpur Sahib.
En realite, il s`arrete au bout de la route principale une demi douzaine de km plus loin.
A cet endroit, un grand bassin a ete construit, ou les pelerins peuvent se baigner.
Les passagers doivent descendre pour monter dans un minibus, adapte a la route de montagne.
Celle-ci est etroite, le bitume en est defonce.
Les cahots font partie du decor, comme les coups de klaxon ininterrompus, beaucoup plus utiles que les freins !
L`attention est necessaire en cas de croisement de vehicules.
De nombreux jeunes montent a velo en groupe, souvent a pied en maints passages. Chaque velo est orne d`un drapeau rouge de pelerin.
Je plains les cyclistes de rouler par une telle canicule...
Vers 15h30, le minibus decharge ses passagers.
L`air est plus frais qu`a Anandpur Sahib, nous sommes deja en montagne.
Une sorte de gare a ete construite avec parkings, arrets de bus, chambres et surtout d`invraisemblables boutiques pour toutes les categories de pelerins.
Elles forment un couloir, ou les marchands du temple engrangent les benefices...
Cette laideur ostentatoire est fascinante, car elle s`etalle avec innocence et impudeur.
Je fonce a travers ce souk et les premieres marches me soulagent.
* * *
Grimper des marches, c`est dans mes cordes !
Le temple, construit au sommet d`une colline, est accessible grace a des escaliers.
Une douzaine de mendiants, adultes et enfants, s`echelonnent au debut de la montee.
Il faut compter une demi-heure et au moins 700 marches par la voie la plus directe.
Quand j`arrive a l`entree du temple, j`entends de la musique et des cris joyeux.
Ce sont des musiciens qui encouragent de jeunes pelerins. Ils effectuent la montee sur le ventre !
Avec un morceau de craie, ils tracent un trait au bout de leurs doigts, se relevent, placent leurs pieds sur la marque, s`allongent le plus possible, et recommencent.
Ce rigorisme interesse peu les personnes presentes...
De temps en temps, un tambour bat la mesure, tous se mettent a danser.
L`entree est encadree par deux scuptures de lions.
Une foule, coincee dans un labyrinthe, attend patiemment d`acceder au coeur du temple.
N`ayant aucune offrande pour Devi, je franchis une barriere pour eviter cette queue.
Assis dans la cour, je peux observer le comportement des fideles.
Beaucoup de femmes et d`enfants se reposent un moment.
Distribution a tous de la meme pate sucree, que l`on peut manger dans les gurdwara.
Je me leve pour photographier le paysage verdoyant alentours.
Des rapaces planent autour du temple. Vers le nord, on distingue un fleuve ou un lac.
Dans la cour, de nombreux details m`interessent : une porte sculptee en argent, la deesse assise en amazone sur un lion, des sculptures, des peintures, le toit piquete de drapeaux...
Sur un cote, autour d`un grand feu qui degage beaucoup de fumee, trois pretres recoivent les offrandes des fideles.
Certaines sont jetees dans le feu... mais le principal leur revient !
L`envie d`ecrire me conduit a m`asseoir dans la salle principale de priere, delicieusement fraiche grace aux ventilateurs.
Assez vite, on m`aborde, on me pose les questions habituelles (What`s your name ? What`s your country ? etc.). Un etranger qui ecrit, cela intrigue.
Derriere moi, des femmes et des filles chantent en s`accompagnant de tam-tam, de cymbales simples ou complexes.
Cela met une bonne ambiance, mais elles sont plutot farouches.
Ce sont certainement des pelerines, fideles de Devi.
Sur le toit du temple, des jeunes deposent de nombreux drapeaux rouges.
Les pelerins cyclistes ont offert leurs drapeaux, qui sont regroupes en plusieurs tas.
Dans la salle de priere, je communique par gestes, mimiques et sourires avec plusieurs d`enfants.
Evidemment, je les photographie entre eux ou avec les femmes, pour des photos de famille...
Un peu plus tard, je decide de faire un dernier tour.
Une des fillettes, reservee dans la salle de priere, me rejoint, pleine d`initiative.
Elle veut que je la prenne en photo, puis photographier par elle-meme.
Encourageons les enfants degourdis ! Je lui montre comment faire.
Cela lui plait, mais la plupart des cliches sont rates...
Elle veut aussi me photographier : miracle ! Celui-ci est reussi.
La descente des escaliers ne prend que dix minutes.
Un bus direct me ramene a Anandpur Sahib avant le coucher du soleil.
Apres cette escapade hindoue, me voici de retour chez les Sikhs.
Lionel Bonhouvrier.
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