CANTINES des GURUDWARA
Dans un recent article, je parlais des gurdwara sikhs.
Mais je m`apercois que les cantines communautaires des gurdwara sikhs sont un sujet en soi.
Quiconque peut y entrer, Sikh ou non-Sikh, Indiens ou etrangers, pour manger un repas ou boire un the gratuitement.
Avant d`entrer dans une sorte de hangar, il faut se dechausser et se couvrir la tete.
J`y arrive souvent tard, pour le dejeuner, ayant differe le plus possible, avec des tiraillements d`estomac qui m`y poussent...
Le sol est occupe par des rangees de nattes, ou les gens s`asseyent, separees par des espaces libres, pour circuler.
Il faut prendre un plateau de thali, un gobelet et une cuillere.
Plusieurs rangees de personnes mangent deja.
Un homme montre aux nouveaux venus ou s`asseoir, au bout de la derniere rangee.
Des que l`on est assis, un homme distribue un ou deux chapati, un autre du dhal (lentilles), un troisieme verse de l`eau dans les gobelets.
Aucune perte de temps, l`efficacite est totale.
En face de soi, on peut regarder manger les gens de la rangee precedente, ou ceux de la rangee suivante (qui se remplit vite).
Souvent, j`echange des signes amicaux avec un enfant, une femme, ou un jeune homme, curieux de ma presence insolite.
Chaqu`un mange en silence, d`un seul trait, sans trop se preoccuper de ses voisins.
Sauf dans le cas de femmes avec de jeunes enfants.
En plus des voisins de natte ou d`en face, des dizaines de milliers de mouches sont les invitees surprise.
Elles fourmillent au dessus de son repas, sur les eclaboussures de jus de lentille, souillant les nattes et le sol.
Foi de mouche, c`est un dejeuner de premier choix !
Un chasse-mouches serait fort utile...
Heureusement, des ventilateurs aerent le hangar, qui sans eux serait d`une insupportable chaleur.
Regulierement, les trois serveurs repassent pour du rabe.
Si l`on veut des chapati, on tend ses deux mains jointes et l`homme y depose un ou deux chapati supplementaires.
Pour refuser, un signe d`une main est suffisant.
Je demande souvent une ration de dhal supplementaire, mais deux chapati me suffisent.
Pour ne pas subir une diarrhee le lendemain, je ne bois pas une goutte de l`eau de mon gobelet.
Peu a peu, mes voisins se levent, je me retrouve parfois seul sur ma natte !
Pourtant, adoptant le rythme general, j`expedie ce repas frugal...
Mais un Francais mange toujours plus lentement qu`un Indien, qu`il soit du Punjab ou d`ailleurs...
Je me leve, me dirige vers la plonge.
Deja un homme a asperge d`eau les bordures des nattes. Un autre homme, muni d`une raclette de deux metres de largeur, nettoie le sol entre les nattes !
Pour nettoyer les nattes, rien de tel qu`un bon vieux balai.
Tout se fait avec efficacite et rapidite.
La place est propre pour d`autres convives, qui deja s`installent...
Avant d`atteindre la plonge, un volontaire vient chercher mon plateau de thali !
Derriere, une quinzaine de volontaires nettoient la vaisselle dans de grands eviers.
D`autres eviers lateraux sont prevus pour se laver la bouche, les mains ou le visage.
Une autre partie du refectoire est souvent reservee aux amateurs de the.
Recuperant mes sandales, l`estomac soulage, je vaque ensuite a d`autres occupations.
Lionel Bonhouvrier.
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