Le FORT de PATIALA
Je savais peu de choses sur Patiala, avant d`y mettre les pieds.
Seulement, qu`un Etat sikh s`etait cree a la fin du XVIIIe siecle, dirige par le maharajah de Patiala, sa capitale. Rien de plus.
Les trois heures de train entre Kurukshetra et Patiala sont passionnantes.
A Ambala (45 mn de stationnement pour changer de locomotive...), deux enfants tziganes font des accrobaties dans leur petit cerceau pour mendier.
Une partie des voyageurs s`occupe sur le quai : achats divers, repas assis sur le sol, discussion entre amis, s`asseoir sur un banc pour fuir la chaleur, boire un the, griller une cigarette...
Je n`ose prendre de photo, car les Indiens me devisagent comme un ours blanc echappe de la banquise.
Vers 11h30, mon "express Dadar-Amritsar" arrive en gare de Patiala.
J`empreinte une sortie laterale pour ne pas subir la hargne des autorickshaw.
Tout se passe a merveille.
Ou se trouve le centre-ville ?
D`apres un jeune Sikh, c`est tout droit !
La chaleur accentue la pollution d`une circulation automobile infernale.
Apres cinq minutes, le sac sur le dos me met en nage.
Devant moi, cote gauche, un bus local est coince par des embouteillages a un feu.
Je traverse la chaussee, grimpe dans le bus a la volee apres son demarrage.
J`avise le controleur : "Please, the center of Patiala ?"
Il ne comprend pas, mais un voyageur, vaille que vaille, me renseigne.
Ce n`est pas le bon bus... Je dois descendre dans quelques minutes et aller a gauche !
A un grand rond point, je descends au moment ou le bus ralentit, sans trop me tordre les chevilles.
A nous deux Patiala !
Pendant dix minutes, je marche tout droit, assomme par les klaxons incessants, manquant de me faire ecraser toutes les cinq secondes par un vehicule.
Comment suis-je encore vivant ?
Question interessante, mais que je repousse, pour rester vigilant.
Puis j`entre dans une cyberboutique tenue par deux Sikhs.
Discussion en anglais sur la location d`une chambre.
D`apres lui, le prix moyen est de 400 roupies... Je lui explique que je dors dans des dharamsalas. Pour environ 100 Rs !
Du coup, il m`ecrit sur un bout de papier :
SHIRANJI ASHRAM
Near Anardana Park
Muni de cette precieuse information, je trouve l`ashram en une dizaine de minutes.
Le receptionniste essaye quelques secondes de comprendre mes dix mots d`anglais basique... puis trouve plus simple de dire :"No room ! No room !".
Visiblement, ce moustachu hindou n`est pas paye au nombre de clients. Pourquoi faire des efforts de communication, alors qu`il fait si chaud ?
Decide a me loger ici, pas ailleurs, je persevere, prends a temoin deux autres hommes et meme deux garcons.
-"I need a room. A simple room !"
Peu a peu, la repetition des memes mots, dont je change l`ordre, finit par produire quelques effets. Un vieux Sikh approche, qui connait quelques mots d`anglais.
Le vent tourne. Le moustachu continue a hocher la tete, pretendant qu`il n`y a plus de chambre. Mais le vieux Sikh apprecie ma patience, negocie avec l`intello hindou, plaide en ma faveur.
Finalement, le receptionniste donne une cle a un gamin, qui me conduit au sommet de l`ashram, dans une petite chambre, sans fenetre.
Construite sur la terrasse, la chaleur y est insupportable.
Heureusement, le vieux nous a suivi. Il m`explique que la force electrique ne redemarre qu`apres 13h. D`ici la...
-"You don`t have another room, not so small, with windows ? It`s so hot, here !" et j`adresse au vieux un sourire degoulinant de sueur.
Le vieux m`aime bien, Nous descendons d`un etage.
Le gamin ouvre une chambre : je la prends !
Deux a trois fois plus grande que l`autre, elle contient deux charpoi (lits de sangles tressees). Elle possede trois portes et une fenetre, c`est ideal pour l`aeration.
Nous redescendons a la reception.
Le vieux explique au moustachu que je prends la chambre 49. Victoire 1 a 0.
Ensuite, c`est la galere de l`inscription sur le grand registre, puis sur le carnet a souche. Mon intello moustachu a oublie de brancher son cerveau. Ce qu`il fait a merveille : tracer des colonnes avec une regle de bois dans son grand registre...
Et encore, le vieux ne cesse de l`aider : traduit en hindi mon nom, lui explique que j`ai deux noms, bref met de l`huile dans un moteur rouille depuis l`origine.
Douche dans les sanitaires communs, un delice !
D`habitude, il y a un seau, que l`on remplit, et un petit recipient qui sert a se doucher. Rien de tel ici. Mais le robinet est place assez haut pour qu`accroupi, on puisse se doucher, y compris la tete.
Ce systeme revele l`habitude qu`ont les Indiens de s`accroupir a tous propos.
Me voila parti a la recherche du fort de Patiala.
Grace aux explications de deux passants, j`y arrive, apres un repas pris en trois minutes a une cantine roulante (pois chiches, legumes, raita, dans une petite assiette). 10 Rs.
Les rues qui donnent acces a la Qila (la fortesse). sont decorees de papillotes colorees.
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