HiStOiReS InDiEnNeS.3
VOYAGE en INDE (été 2008) : HARYANA, PUNJAB, CACHEMIRE, VALLEE de CHAMBA (HIMACHAL PRADESH)

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Album photos
Archives
Mes amis

La carte des lieux visités





«  Juin 2018  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930 



Rubriques

A. VISA pour l INDE
B. TROIS VOYAGEURS REFONT le MONDE
C1. ARE YOU a MEMBER
C2. KURUKSHETRA
C3. KRISHNA et ARJUNA
D. FORT de PATIALA
E1. GURDWARA de SIRHIND
E2. RAUZA SHARIF (SIRHIND)
E3. POEMES aux VENTILATEURS
F1. Les SIKHS
F2. PRIX en INDE
F3. IMAGES du PARADIS (Nouvelle)
G1. THEORIE du TEMPS (Poeme)
G2. DE l AMOUR (Poeme)
G3. CANTINES des GURDWARA
G4. ANANDPUR SAHIB
G5. TEMPLE de NAINA DEVI
G6. CE QUI N EST PAS A MOI (Poeme)
H1. HOSPITALITE des CHOPRA
H2. KAPURTHALA
H3. MISTER SWAMI
J1. Un MISERABLE (poeme)
J2. HYMNE au CORPS (Poeme)
J3. POUSSIERE (Poeme)
K1. BIENVENUE AU CACHEMIRE !
K2. GREVE au CACHEMIRE
L. AMARNATH : yatra hindou
M1. JARDIN BOTANIQUE de SRINAGAR
M2. JARDIN NISHAT (Srinagar)
M3. TANT que la TERRE nous PORTE (poeme)
M4. JARDIN SHALIMAR (Srinagar)
M5. PARIMAHAL et JARDIN CHESMASHAHI, Srinagar
M6. Du SANG a SRINAGAR
M7. AIGLES et HOUSE BOATS de SRINAGAR
N1. Le LAC DAL (DAL LAKE)
N2. MARCHE FLOTTANT du LAC DAL
O1. GOODBYE CACHEMIRE !
O2. NUIT BLANCHE a SRINAGAR
O3. VIOLENCES et SEPARATISME au CACHEMIRE
P. DALHOUSIE (Fantaisie).
Q. TEMPLES de CHAMBA
R. PIQUE NIQUE a KHAJJIAR
S. ALWAYS EXPECT UNEXPECTED

Menu

http://inde.uniterre.com
http://inde2.uniterre.com
http://sikh.uniterre.com
http://bouddha.uniterre.com
http://nepalaises.uniterre.com
http://nepalaises.blogspot.com
http://bouddhique.blogspot.com
http://jainiste.blogspot.com
http://hindouistes.blogspot.com
http://durajasthan.blogspot.com
http://gujarates.blogspot.com
http://hindou.uniterre.com
http://darjeeling.uniterre.com
http://jain.uniterre.com
http://vagabonder.uniterre.com
http://georgia.uniterre.com

Newsletter

Saisissez votre adresse email

RAJENDER de KURUKSHETRA (10.07.2008).

 

RAJENDER de KURUKSHETRA

 

 

 

De Delhi, après 3h30 de bus, j'arrive à la gare routière de Kurukshetra vers 13h30.

Où se trouve le centre-ville ?

Je pose la question à des passants, qui ne comprennent rien à l'anglais. Très vite un attroupement se forme autour de moi, chacun commente en hindi l'arrivée d'un étranger. On en voit peu, apparemment.

Un homme bafouille que le centre est à trois kilomètres. Certains parlent d'autorickshaw. Y a-t-il un bus pour le centre ? Incompréhension...

 

Finalement, un homme au visage ouvert me fait signe de le suivre. Comme je l'espérais, il se dirige vers un bus... archiplein ! Des hommes sont accrochés sur les marches des accès du bus.

Comment entrer avec mon sac à dos ? Sans réfléchir, je grimpe, pousse, m'infiltre, le bus démarre, l'homme est accroché à la barre sur la dernière marche... C'est parti !

 

Les derniers arrivés poussant ceux de l'intérieur, centimètres par centimètres, je monte les marches une à une, me retrouve coincé contre une barre.

Impossible d'enlever mon sac.

Heureusement, le vent s'engouffre par les portes et fenêtres, ce qui rend supportable la chaleur.

Après un ou deux kilomètres, l'homme me fait signe, je descends avec lui.

 

Mon guide me montre un autorickshaw. Par gestes, je lui réponds que tout va bien et nous continuons à pied.

Il ne parle pas un mot d'anglais, mais nous arrivons à nous comprendre.

En revanche, il marche vite. Ecrasé par mon sac et la chaleur, je m'adapte à ce rythme d'enfer, mais en deux minutes je ruisselle de sueur.

 

Au bout d'une longue avenue, nous tournons à droite, remontons une rue de plus en plus commerçante, jusqu'à un carrefour, en plein centre.

Ici commence Main bazar. Nous le parcourons à grandes enjambées quelques minutes, claxonnés par les autorickshaws, les scooters et les motos. Beaucoup d'Indiens me dévisagent avec surprise.

Finalement, mon guide montre un bâtiment blanc : le temple de Hare Rama-Hare Krishna, où il espère que je vais pouvoir loger. Il semble lui-même fort dévôt, à la manière des adeptes de Krishna, ouvert et serein.

Son étonnement, quand je laisse dans la cour mon sac à dos, au bas des marches, m'amuse.

 

L'entretien avec le prêtre est raconté dans "Are you a member ?"

Une demi-heure plus tard, avec la consigne de revenir à 17h30 pour obtenir ou non une chambre, nous repartons de plus belle.

Mon guide me conduit chez lui, un peu à l'écart du centre-ville.

 

Je fais connaissance avec sa femme (qui lui offre une chemise propre, le veinard !) et ses petits enfants.

Mon guide me fait asseoir dans sa chambre-salon, agite un éventail en mon honneur, puis aère un solide bébé. 

On m'offre un verre d'eau, que je ne peux accepter, sous peine d'une diarrhée, dès le lendemain... J'explique mon refus, mais personne ne parle anglais, même le jeune homme, le garçon et la fillette.

J'offre mes derniers biscuits de France, que seul accepte le benjamin, son sexe à l'air. Il a dix mois. Je fais une photo (la première de ce voyage), que je montre ensuite aux membres de la famille.

 

 

 

Son père, le gendre de Rajender, est mort récemment.

Nous nous présentons. Rajender est au moins cinq fois grand-père, il approche la soixantaine. Sa forme physique est étonnante.

Sa femme, cheveux blancs et embonpoint, est beaucoup plus réservée. Apprécie-t-elle ma venue inoppinée ? 

 

Ensuite, Rajender me guide pour une grande virée à travers Kurukshetra.

Cinq minutes plus tard, nous nous arrêtons dans une boutique, pleine d'affiches et de documents sur Rama et Krishna.

Deux jeunes hommes faisaient la sieste en regardant un film à la télévision. Rajender m'avait parlé d'un frère, mais je trouve cet homme très jeune. Je ne comprends rien à leur conversation en hindi. 

 

 

Nous regagnons l'avenue de tout à l'heure, atteignons le bassin de Kurukshetra.

De nombreux temples bordent les ghats, Rajender salue desservants et sadhus.

Cette visite se fait au pas de course (le lendemain, je reviens prendre tranquillement des photos et mieux profiter de la ville). Les sadhus sont nombreux, à faire la sieste, à discuter, ou plongés dans quelque occupation (manger, se coiffer, lire...).

 

 

 

Tout près, un vieux bâtiment de style moghol est en cours de restauration. Le lendemain je reviens y faire des photos.

Un peu plus loin, le Kali mandir (temple de Kali) est reconnaissable à sa couleur rouge. 

 

Toute cette partie de la ville est parcourue par les sadhus, adeptes de Krishna ou de Shiva. Je repère aussi des Sikhs.

 

 

Après un rond point décoré par une statue d'Arjuna, Rajender me montre un immense bassin, qui aurait des vertus bénéfiques, lors des éclipses. Ce qui attire les foules indiennes.

Mon admiration pour la taille du bassin réjouit Rajender. Nous en faisons le tour, en marchant plus lentement.

L'ensemble a l'air désert, mais de nombreux sadhus sont assis, ou allongés sous les arcades. Beaucoup disposent ainsi d'une loge personnelle, qu'ils décorent à leur aise.

 

 

Longeant les ghats, nous passons un pont qui nous mène à un nouveau temple hindou, dont la décoration est inachevée.

De retour sur le ghat, nous traversons une longue passerelle jusqu'à une île. Le temple de Krishna semble minuscule, comparé à un ensemble statuaire, derrière le temple.

Il représente le char de Krishna, tiré par quatre chevaux, avec Arjuna et un lion. Décidément, la Bhagavad Gita est omniprésente à Kurukshetra !

 

 

Alors que nous contemplons l'immense sculpture, deux étudiants nous abordent. Discussion en anglais avec Sanjay et Vikram, étudiants de 19 et 20 ans à l`université de Kurukshetra.

Ils aimeraient venir un jour à Paris. Nous échangeons nos adresses électroniques.

Nous traversons l'île entièrement, puis revenons sur le ghat principal, boire un thé dans une gargote, crasseuse, dont les mouches raffolent.

Ce thé me soulage car je suis épuisé. Rajender monopolise la conversation en hindi, les étudiants se contentant d'approuver de temps en temps.

 

 

Ensuite, nous nous séparons car l'heure de notre rendez-vous approche.

Rajender nous mène au Deva mandir, non loin de là. C'est un temple tout neuf, dont le jardin est agréable, qui contient des statues d'Hanuman, de Rama et de Krishna.

Retour direct ensuite jusqu'au temple Hare Rama-Hare Krishna vers 17h20. Le responsable m'annonce que le temple ne peut me loger : "Youre not a member..."

 

Ce n'est pas tragique, Rajender me conduit dans un dharamsala (une auberge pour pèlerins), idéalement situé à un carrefour du centre-ville.

A la réception, les quatre ou cinq hommes me regardent comme un extra-terrestre. Aucun ne parle vraiment l'anglais. Un homme me montre une chambre superbe, vaste, avec la télé... dont je n`ai que faire ! Combien ? 400 roupies !

Je lui explique ce que je veux et sa nouvelle proposition me convient parfaitement. Une chambre double lumineuse avec de grandes fenêtres pour 100 Rs.

Les sanitaires sont au bout du couloir.

 

 

 

Nous redescendons tous les trois à la réception.

Le doyen se lance dans mon inscription, sur un grand registre, puis sur un carnet à souche. Cela prend un temps fou. Il n'arrive pas à trancrire mon nom en caractères hindis... Les autres regardent ailleurs.

Motif de mon séjour ? Mais notre scribe n'attend pas ma réponse et écrit, avec un sourire : yatra (pèlerinage)...

Epuisé, encroûté de sueur, sentant le bouc en chaleur, je m'oblige à la patience, conserve mon calme. Rajender ne dit plus un mot depuis sa présentation initiale.

 

 

Finalement j'obtiens mon reçu vert contre 100 Rs et nous remontons jusqu'à la chambre numéro 2.

Rajender me propose de nous y retrouver pour 19h. C'est d'accord.

Mais je ne le reverrai pas ce jour là. A 19h35, constatant son retard, je quitte ma chambre pour aller pianoter dans une cyberboutique.

 

Pourquoi Rajender n'est-il pas venu ?

Mon imagination m'a fourni une dizaine de raisons plus ou moins plausibles.

Aux lecteurs peu imaginatifs (les autres lecteurs n'ont guère besoin de mes lumières), j'en propose deux.

 

 

La plus belle est que Rajender a compris que je préférais passer la soirée seul. M'ayant aidé tout l'après-midi, il s'éclipse le soir avec élégance. C'est le digne comportement d'un poète de Kurukshetra, ville réputée pour ses éclipses.

La seconde raison est plus prosaïque. Rajender rentre chez lui, annonce à sa femme qu`il me retrouve à 19h, pour dîner en famille ensuite avec moi. Son épouse trouve alors un motif imparable pour annuler ce dîner. Elle occupe aussitôt son mari, ce qui l'empêche de venir à notre rendez-vous.

 

Dans son genre, Rajender est un poète, un mystique de l'amitié.

Et que peut un poète face à la prose d'une femme mariée ? 

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 13:01, le 10/07/2008 dans C2. KURUKSHETRA, Kurukshetra
Mots clefs :
Lien