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VOYAGE en INDE (été 2008) : HARYANA, PUNJAB, CACHEMIRE, VALLEE de CHAMBA (HIMACHAL PRADESH)

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A. VISA pour l INDE
B. TROIS VOYAGEURS REFONT le MONDE
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E2. RAUZA SHARIF (SIRHIND)
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F1. Les SIKHS
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F3. IMAGES du PARADIS (Nouvelle)
G1. THEORIE du TEMPS (Poeme)
G2. DE l AMOUR (Poeme)
G3. CANTINES des GURDWARA
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G5. TEMPLE de NAINA DEVI
G6. CE QUI N EST PAS A MOI (Poeme)
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H2. KAPURTHALA
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J1. Un MISERABLE (poeme)
J2. HYMNE au CORPS (Poeme)
J3. POUSSIERE (Poeme)
K1. BIENVENUE AU CACHEMIRE !
K2. GREVE au CACHEMIRE
L. AMARNATH : yatra hindou
M1. JARDIN BOTANIQUE de SRINAGAR
M2. JARDIN NISHAT (Srinagar)
M3. TANT que la TERRE nous PORTE (poeme)
M4. JARDIN SHALIMAR (Srinagar)
M5. PARIMAHAL et JARDIN CHESMASHAHI, Srinagar
M6. Du SANG a SRINAGAR
M7. AIGLES et HOUSE BOATS de SRINAGAR
N1. Le LAC DAL (DAL LAKE)
N2. MARCHE FLOTTANT du LAC DAL
O1. GOODBYE CACHEMIRE !
O2. NUIT BLANCHE a SRINAGAR
O3. VIOLENCES et SEPARATISME au CACHEMIRE
P. DALHOUSIE (Fantaisie).
Q. TEMPLES de CHAMBA
R. PIQUE NIQUE a KHAJIAR
S. ALLWAYS EXPECT UNEXPECTED

Liens

http://inde.uniterre.com
http://inde2.uniterre.com

ALWAYS EXPECT UNEXPECTED (26.08.2008).

 

 

ALWAYS EXPECT UNEXPECTED

 

 

 

 

 

 

 

     Attend toi a tout - surtout a l`inattendu

          si tu n`envisages qu`une vie organisee

          ou tout est prevu a l`avance

          renonce aux voyages

 


     Les sages conseils ne sont pas pour les voyageurs

          ils justifient toujours la vie sedentaire

          ou tout tourne autour du garde manger

 


     Se laisser dominer par la peur

          qui coupe les ailes

               c`est renoncer a vivre libre

               vivre en serf terre a terre

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 12:44, le 26/08/2008 dans S. ALLWAYS EXPECT UNEXPECTED,
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PIQUE-NIQUE A KHAJIAR (24.08.2008).

 

 

PIQUE-NIQUE A KHAJIAR

 

 

 

 

 

 

 

Je suis libre de mon temps.

C`est un privilege que je m`accorde.

De retour du temple de Chamunda Devi, ou j`ai passe quelques heures jusqu`a la tombee de la nuit, je m`installe dans ma dhaba preferee.

Tres vite Vikram apparait, s`assied en face de moi.

-"Que dirais-tu d`un pique-nique a Khajiar ?"

-"Un pique-nique ? Quand ?"

-"Demain c`est dimanche. On prend un bus. C`est a 1h30 de Chamba, pas plus."

"J`avais prevu une randonnee autour de Chamba. A toi de me convaincre que ce pique-nique vaut mieux..."

"Il y aura des jolies filles ! Alors ?"

-"S`il y a de jolies filles..."

 

Je suis libre de mon temps, mais suis-je libre de refuser un pique-nique dominical avec de jolies filles ?

En fin de matinee, j`ai acheve deux articles en chantier.

Bref, en vacance, je suis pret a saisir toute sortie agreable.

 

Apres le diner dans une cyberboutique, je relis par internet les deux articles : quelques retouches s`imposent...

Pas de mels importants dans mes boites electroniques, le reve...

 

Dans ma chambre, je m`apprete a dormir.

Mais des hommes s`interpellent dans la rue, font un splendide tapage, arrose de biere. Sans doute des chauffeurs fetant leur soiree du samedi.

Avant d`eteindre, je mets en marche le ventilateur. Son ronron couvre les bruits exterieurs, est une berceuse ideale.

Retenez le truc. En Inde, c`est tres utile.

 

Cette nuit-la, je ne cesse de rever.

Des reves intenses, qui se succedent presque sans interruption. Du moins en ai-je l`impression.

Tous tournent autour d`un pique-nique a Khajiar.

Mais pas l`ombre de Vikram, ni de la moindre jolie fille...

 

En cinq secondes, un bus aile me depose devant une prairie concave.

Au centre, un etang a l`eau noiratre qui petille.

De temps a autre, elle entre meme en ebullition.

Il est encore tot, des vaches, des moutons et des chevaux arrivent, broutent l`herbe humide.

 

La prairie d`un vert eclatant ondule sous les rayons du soleil.

Je m`assieds sur un banc en bordure du pre pour ecrire.

Des papillons, extremement familiers, se posent sur moi. Un gros papillon sombre adore mes pieds, qu`il etudie de la trompe. Un petit papillon jaune prefere mon genou.

Je fouille dans mon sac, pas d`appareil photo. Tout ceci est donc un reve : dans la realite, j`ai toujours un petit Canon sur moi ou dans mon sac.

Je veux prolonger ce reve. Rien n`est plus simple, avec un peu d`entrainement.

 

Le troupeau de vaches se rapproche.

Une vache broute a deux pas, va me toucher, me regarde. Je comprends...

Elle tend le cou, avale la peau de banane posee sur le banc.

Elle me fait un sourire radieux, puis continue a tondre l`herbe.

 

Le reve devient ensuite confus.

Des corneilles chient avec une grande precision sur un chien blanc.

Sans aucun sens de l`humour, le chien aboie furieusement.

Par solidarite, six ou sept chiens aboyent de concert, le temps d`une chanson formatee par le top ten.

 

Les touristes se comptent par dizaines sur la prairie, venus pour piqueniquer.

Venues dont ne sait ou, trois spheres translucides bleutees roulent sur l`herbe.

On dirait de gros raisins en plastique, constamment en mouvement.

Curieux, quelques piqueniqueurs les touchent, et disparaissent, absorbes par ces droles de bestioles. Elles n`en roulent que plus vite.

Une veritable chasse commence.

En quelques minutes, ces boules mangent au moins soixante-dix touristes.

 

Etrangement, le betail est epargne.

Quand la prairie ressemble a une table de billard, debarrassee de ses bipedes, les spheres foncent dans l`etang.

Elles s`y baignent, nagent avec grand plaisir, propulsent quelques jets d`eau - une eau devenue bleue.

Et elles bondissent hors de l`eau, tourbillonnent vers les pins a l`ouest.

La digestion sera longue.

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



Publié à 12:09, le 24/08/2008 dans R. PIQUE NIQUE a KHAJIAR,
Mots clefs : vachesventilateur
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TEMPLES de CHAMBA (21.08.2008).

 

 

TEMPLES de CHAMBA

 

 

 

 

 

 

 

J`arrive a Chamba par un temps nuageux, bouche, un temps de mousson un peu deprimant. Mais j`ai la chance qu`il ne pleuve pas.

A 1000 m d`altitude, il fait plus chaud et lourd qu`a Dalhousie, situee a 2100 m et noyee dans la verdure, avec ses forets et ses bois.

 


Les temples de style sikhara, qui font la reputation de Chamba, sont disperses.

Certains temples sont petits.

Le temple Harirai, minuscule, a cote de Gandhi Gate, date du XIe s.

Sa ligne est pure, mais on n`y trouve guere de sculptures exceptionnelles.

Le lendemain dans l`apres-midi, ce temple est occupe par des excites, perches au sommet des marches, qui haranguent les passants.

En cette periode electorale, ce sont des nationalistes hindous, hurlant inlassablement des sloggans, que je commence a connaitre...

Tres vite, les passants participent, reprennent les sloggans...

Ecoeure, je vais voir ailleurs, si l`herbe est moins amere.


Le temple Sitaram est situe au-dessus de l`Aroma Palace.

Dedie a Ram, il donne sur une petite place ombragee.

Le quartier est sympathique.

Un peu plus haut, on accede facilement au Rang Mahal.

 


Un temple un peu plus grand, construit au-dessus de Court Rd, est le Champavati.

Le temple sikhara est petit, ses sculptures ont disparu, ou sont dans un mauvais etat de conservation.

Il est prolonge par un autre temple, ce qui donne plus d`ampleur au domaine.

Au fond de la cour, des sculptures de lions attirent l`oeil.

La cour sert en partie de depot pour des materiaux de construction.

Quand j`arrive, elle est occupee par des jeunes qui jouent au base-ball. Ils s`enflamment au chaque coup de bate et se chamaillent allegrement.

 


*          *          *

 


L`ensemble le plus connu de Chamba regroupe six temples.

C`est le complexe de Lakshmi Narayan.

A l`entree, une affiche proclame l`interdiction de photographier. Tout contrevenant aura une contravention de 500 roupies...

Cela complique singulierement ma visite.

Car je suis fermement decide a prendre quelques photos, et a ne pas payer d`amende.

 

Je fais le tour du domaine pour reperer les sculptures et les perspectives interessantes.

Vers 8h du matin, les fideles sont nombreux, vont d`un temple a l`autre.

Les pretres s`affairent dans chaque temple, autour des taureaux Nandi et des idoles de la cour. Puis ils ferment la grille des deux temples de gauche.

Photographier sera difficile !

Assis dans la cour, je me dis que la patience va m`aider. Et j`ecris quelques notes.

 

Vers 9h30, fideles et pretres se font plus rares.

Je prends une dizaine de cliches, surtout du temple le plus grand.

Il date du XIe s, est dedie a Vishnou (Lakshmi Narayan).  Certaines sculptures sont belles.

Plusieurs fois, je manque d`etre surpris par des fideles, qui arrivent sans crier gare...

Apres 10h, je decide de fuir la pluie qui tombe de plus en plus fort.

Il sera temps de revenir a un autre moment.

 

 

*          *          *

 

 

Mais mon temple prefere est celui de Chamunda Devi.

Perche au-dessus de Chamba, on y accede par un long escalier, qui debute au-dessus de la gare routiere.

La-haut, le panorama incite a y rester des heures.

On decouvre les differentes parties de Chamba et le parcours de la Ravi, des deux cotes de la vallee, a des kilometres a la ronde.

Temps nuageux avec de la brume. Mais devant cette beaute naturelle, j`eprouve une intense sensation de liberte.

 

Quand j`accede a la cour, une demie douzaine d`hommes vont et viennent. Ils repartent tres vite.

Deux jeunes hommes arrivent, qui veulent me prendre en photo.

C`est d`accord, s`ils me photographient avec mon appareil.

Deroutes par mon numerique, ils reussissent enfin a prendre une photo...

 

Ensuite je suis seul, tranquille, pour tout regarder a mon aise.

Le fronton du temple est decore de drapeaux rouges et dores.

Sous le porche, les cloches sont regroupees par dizaines.

Belles sculptures en bois sur les cotes, mais surtout dans les caissons du plafond en bois.

La porte est encadree par deux fresques, salies par la fumee de l`encens et des bougies.

 

Derriere, une petit temple sikhara est dedie a Shiva. Un taureau Nandi est comme le gardien de l`entree.

Je reviens m`asseoir cote Chamba en haut des marches pour ecrire et contempler le paysage.

J`y passe pas mal de temps, car s`est mon premier coup de coeur a Chamba.

 

 

Lionel Bonhouvrier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Publié à 05:46, le 21/08/2008 dans Q. TEMPLES de CHAMBA, Chamba
Mots clefs : vishnounationalisme hindoutemple hindou
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DHALOUSIE (20.08.2008).

 

 

DHALOUSIE

(Fantaisie).

 

 

 

 

 

 

 

Ne confondons pas Dalhousie, petite ville du nord de l`Inde, avec Andalousie, grande region du sud de l`Espagne.

A la mi-aout, a la fin d`une matinee noyee sous la mousson, je descends du bus de Pathancot.

Que faire, sinon attendre que les trombes de pluie se calment, sous le petit preau de la gare routiere ?

 


Et je tombe nez a museau avec la plus grande chevre que j`ai jamais croisee, deux fois plus grosse que la normale, une chevre elevee aux hormones de croissance, aussi large qu`un taureau andalou !

Je croyez pas que j`exagere.

D`ailleurs, que fait une chevre couchee au pied du guichet d`une gare routiere ? Sinon s`exhiber pour l`etonnement des voyageurs ?

Cette animal aux longs poils est une vedette locale, au meme titre qu`une femme a barbe, ou a deux tetes, une curiosite de la nature.

 


Apres de tels debuts, je ne cesse de rencontrer pendant trois jours les animaux les plus varies, dont la bizarrerie m`incite a la reflexion.

Dalhousie est-elle un zoo, ou une station climatique appreciee par les touristes indiens ?

Je parlerai a une autre occasion de ces bizarres bipedes montes sur roues que l`on appelle communement des touristes, concentrons-nous sur nos freres en animalerie.

Les vaches vont et viennent, comme a leur habitude.

 


Les chiens menent leur vie de chien, vagabondent, se grimpent dessus, jouent et japent. Toute la journee, ces bestioles ne manquent jamais une occasion de s`allonger au soleil, dans un coin tranquille.

Certains chiens se mettent a poursuivre une voiture en aboyant. Seul le dieu des chiens pourrait expliquer leur raison, justifiee, sans nul doute.

Deux soirs, j`en ai surpris loves a quatre ou cinq, en une boule sympathique.

 


Comme a Shimla, les singes proliferent.

A 6h du matin, en descendant de ma pension vers la gare routiere, pour prendre le premier bus pour Chamba, je croise plusieurs bandes de singes.

A cette heure la route leur appartient.

Six ou sept gros males viennent m`inspecter de pres.

Evidemment, j`ai quelques bananes dans mon sac.

Riz, bananes et the, telle est ma nourriture de base en Inde,

Mais a la douane, je n`ai jamais rien a declarer.

Alors je suis passe a travers ces amateurs d`un air innocent...

 

 


*          *          *


 

Il n`y a rien de particulier a faire a Dalhousie, a part se reposer, se promener selon ses envies, respirer un air rafraichi par les nombreux arbres.

Tout incite a la lenteur, y compris ces nappes de brume, divaguant pianissimo au-dessus des vallees, ou remontant lentement des versants.

D`ailleurs, j`ai photographie une limace dans ses exercices respiratoires matinaux...

 


Quel fut mon emploi du temps en ce lieu beni de l`Himalaya ?

Par ordre decroissant, sa simplicite m`etonne :

1/. Taper sur le clavier d`un ordinateur dans une cyberboutique : 7 a 8h par jour en moyenne. Ce blog est un vampire qui demande toujours plus d`articles...

2/. Dormir : entre 6 et 7h.

3/. Ecrire sur mon cahier (notes, journal...) : environ 3 a 4h.

4/. Promenades et photo : 3h en moyenne.

5/. Reflechir et ne rien faire : environ 2h.

6/. Manger et se laver : 1h.

 

 

*          *          *

 

 

Dalhousie ressemble a Shimla sous bien des aspects.

L`influence britannique reste forte : dans le style architectural des batiments, par la presence d`eglises, ou par leur fonction de stations climatiques d`ete, a l`altitude superieure a 2000 metres.

Shimla est cependant douze fois plus peuplee.

Dalhousie ressemble davantage a une petite ville d`hotels et de pensions qu`a une petite capitale, role qu`assume Shimla.

 

C`est un lieutenant gouverneur du Punjab, David Mc Leod, qui la baptisa pour honorer un vice-roi des Indes, lord Dalhousie.

J`espere que ce haut dignitaire avait le sens de l`humour.

Connaissait-il l`Andalousie ? Rien n`est moins sur.

D`ailleurs, le cas echeant, il devait lui preferer Gibraltar...

 

A SUIVRE...

 

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 11:05, le 20/08/2008 dans P. DALHOUSIE (Fantaisie).,
Mots clefs : chienschevresinges
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VIOLENCES et SEPARATISME au CACHEMIRE (19.08.2008).



VIOLENCES et SEPARATISME
au CACHEMIRE












Cet article poursuit l`analyse de "GREVE GENERALE AU CACHEMIRE".

Je m`etais arrete au 13 aout, date de ma derniere connection possible, avant mon depart du Cachemire le 15 aout.

Le texte actuel continue la chronologie au 14 aout et la tient a jour.

Son but est egalement d`elargir l`analyse politique, puisque ayant quitte le Cachemire, cette distance la rend possible.



Voici la CHRONOLOGIE des EVENEMENTS :


- 17 juin 2008 : ouverture du pelerinage annuel d`Amarnath, entoure d`un important dispositif de sécurite.


- 23 au 25 juin 2008 :  la region de Srinagar est secouee par des manifestations de musulmans opposes a la cession de terres a une fondation hindoue pour le pelerinage d`Amarnath (40 hectares de forêt  pour la construction de sanitaires et de logements à destination des pèlerins). 

Dénonçant "le renforcement de l'occupation indienne au Cachemire", les factions séparatistes musulmanes ont décidé d'organiser une campagne de protestation.

Le 23 juin, les forces de l'ordre ont tiré à balles réelles sur des manifestants à Srinagar, faisant un mort et des dizaines de blessés.

Les manifestations ont pris l'allure de combats de rue, et se sont étendues à l'ensemble de la vallée.

A Srinagar, ville morte depuis le 23 juin, des postes de police ont été incendiés, des bâtiments officiels endommagés et des véhicules renversés. 

A la suite de la mort d'un adolescent, plus d'un millier de manifestants se sont rassemblés, scandant "les Indiens, partez du Cachemire !".

Bilan : trois morts et plus de 140 blesses.

 


*          *          *

 

 

 
- 1er juillet 2008 : les forces de l'ordre ont ouvert le feu à balles réelles sur des nationalistes hindous qui manifestent dans la région de Jammu.

Le gouvernement de l'Etat a fini par annuler le transfert de terres pour le pelerinage d`Amarnath afin d'enrayer le cycle de violence.

D`ou la colère du principal parti nationaliste hindou, le Bharatiya Janata Party (BJP).

Les militants du BJP  manifestent à Jammu, bloquant les routes principales et forçant les commerces et écoles à fermer leurs portes.


- 4 juillet 2008 : la tension bat de nouveau son plein a Jammu, après le suicide d'un militant hindou protestant contre l'annulation du transfert de 40 hectares de terres à une fondation religieuse organisant le pelerinage d`Amarnath. 

Les autorités ont immédiatement imposé un couvre-feu dans la région.

Des extrémistes hindous protestent contre ce revirement et tentent de bloquer, depuis la région du Jammu où ils sont majoritaires, la seule route qui mène au Cachemire.

Même si celle-ci a été rouverte par l'armée, les camions passent au compte-gouttes.

 


*          *          *

 

- 9 aout 2008 : Une quinzaine de morts, des milliers de blessés. C'est le bilan de sept semaines de violences inter-religieuses dans l'Etat de Jammu-et-Cachemire.

Jammu et Srinagar sont des villes mortes : les commerces sont fermés, les routes désertes et les vivres commencent à manquer.

A Srinagar, des militants entame une grève générale ponctuée de violences manifestations. À l'appel d'organisations islamistes, ils protestent contre les lynchages présumés de musulmans par des manifestants hindous.
 
À Jammu, la répression policière a fait au moins cinq victimes. Un militant hindou a été tué par l'armée, arrivée en renfort pour maîtriser une foule de plusieurs milliers de personnes qui prenait d'assaut un poste de police.
Le couvre-feu, instauré la semaine dernière reste sans effet.
10 000 soldats ont été appelés en renfort pour tenter d'endiguer l'agitation.
 
L'appel au calme du gouvernement n'est donc guère suivi.
"Nous poursuivrons nos manifestations jusqu'à ce que les terrains soient rendus pour le pèlerinage", avertit jeudi Leela Karan Sharma, à la tête d'une alliance régionale hindoue.
En réponse, le leader islamiste Syed Ali Geelani menace d'une "agitation de masse" si les autorités cédaient aux "fanatiques" hindous.
Pour ne rien arranger, le BJP, qui avait pourtant assuré son soutien à Manmohan Singh, annonce vouloir porter "la revendication des hindous du Cachemire" au niveau national, en appelant à une grève de trois jours.

 

- 10 au 12 aout 2008 : a Srinagar, ville morte, la situation se degrade radicalement.

Protestation contre le blocage de la route Jammu-Srinagar par des hindouistes radicaux. Impossible d'être approvisionnés en biens de consommation courante ou de vendre les produits maraîchers.

Couvre-feu.

Cinq manifestants musulmans ont été tués par les forces de sécurité indiennes.

Parmi eux, Sheikh Abdul Aziz, l'un des leaders de la APHC (All Parties Hurriyet Conference). L`APHC fait l`unite des partis separatistes.


- 13 aout 2008 : la police tuent plusieurs personnes en debut de soiree.

Pendant des heures, messages sonorises des mosquees de Srinagar, enflammes et vengeurs...

 

- du 12 au 16 aout 2008 : les emeutes font 23 morts et pres de 600 blesses.

Apres le lever du couvre-feu, les separatistes clament dans les rues de Srinagar : "Vive le Cachemire libre !"

Fait nouveau, tous les mouvements separatistes adoptent le meme drapeau vert.

 

 

- 15 aout 2008 : les separatistes appellent au boycott du 61 eme anniversaire de l`independance de l`Inde en brandissant des drapeaux noirs dans les rues.

Dans le stade de Srinagar, entierement vide, la parade officielle n`a dure que 15 minutes...

 

- 16 aout 2008 : le drapeau vert a été hissé en haut d'une horloge, dans le quartier de Lal Chowk, à la place du drapeau indien. Devant des forces de police impassibles, des habitants saluent le nouvel étendard de la révolte cachemiri.

 

- 18 aout 2008 : des dizaines de milliers de musulmans manifestent a Srinagar avec des drapeaux verts et noirs. Devant les locaux de l`ONU, ils reclament l`intervention de l`ONU dans la crise avec les autorites indiennes.


 

A SUIVRE...


SOURCES de la CHRONOLOGIE :

1/. Articles sur "Aujourd`hui l`Inde" : http://www.aujourdhuilinde.com

   - Notamment, les articles de Thomas Pekish :

     . Polemiques autour d`un pelerinage hindou : le Cachemire indien en ebullition (25/6/2008).

     . Violences religieuses au Cachemire indien : le Premier ministre appelle au calme (9/8/2008).

 

2/.   Article de Julien Bouissou, du Monde : "A Srinagar, l`Inde celebre son 61e anniversaire dans le sang" (17.08.2008).

 

 

3/.  

 

Lionel Bonhouvrier.



Publié à 11:11, le 19/08/2008 dans O3. VIOLENCES et SEPARATISME au CACHEMIRE,
Mots clefs : assassinatcouvre-feuBJPnationalisme hindouseparatisme cachemirigreve generale
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NUIT BLANCHE a SRINAGAR (18.08.2008).



NUIT BLANCHE a SRINAGAR







Vers 19h30, je reviens a la gare routiere de Srinagar.
Je m`assieds pres des guichets sous une cabane a cote d`une famille punjabie. Ils reviennent d`Amarnath et retourne chez eux, a Ludhiana.
Un sadhu de Madras les accompagne.
Comme il parle bien anglais, je converse surtout avec lui. D`apres lui, les premiers bus pour Jammu n`arriveront que vers 22h, et beaucoup d`autres arrivont dans la nuit.
La mere m`offre du riz aux lentilles et des chapatis, qu`elle puise dans la gamelle familiale. Ce diner n`est utile car je n`ai que quelques biscuits et tous les restaurants et gargotes sont fermes aujourd`hui comme hier...

A 21h30, un premier bus, plein de passagers, part pour Jammu. C`est le numero 95. J`ai le numero 90, alors que la famille et le sadhu ont le numero 75.
D`apres le sadhu, je risque de partir dans un des derniers bus...
Cet apres-midi, je croyais partir pour Jammu vers 18h, puis vers 20h...
Je constate que la patience s`impose...
Ma chemise longue ne suffit plus, j`enfile une polaire.

Ensuite, les bus entrent dans la gare routiere au compte-goutte, ou par groupe de deux ou trois...
Nous nous precipitons pour regarder le papier fixe sur la pare-brise, avec son numero. Dans l`obscurite, c`est difficile, car ma lampe a un faux contact.
Souvent le bus n`a pas de numero. Ou bien il ne repart pas, le chauffeur en descend et laisse son bus au parking.
Deception chaque fois que le numero ne correspond pas avec celui de son billet...

La pluie commence. Un afflux de voyageurs se refugie dans la cabane. Ma position devient plus inconfortable...
Peu a peu, le sol regorge d`eau, les flaques se rejoignent. A chaque arrivee de bus, nous pataugeons dans la boue...
Vers 23h, mes compagnons, au chaud dans le bus 75, quittent Srinagar pour Jammu. Good luck !

Impossible de dormir, reperer le bon bus exige d`etre vigilant.
Des centaines de personnes, comme moi, esperent que leur bus arrivera bientot...
Les rumeurs sont constantes.
Un homme sort des guichets. Aussitot une foule le suit : il va coller un papier sur un bus, voyons son numero ! La premiere fois, je suis le mouvement. Mais l`homme sortait pour une autre raison. Tous reviennent lentement en pataugeant dans la boue sous la pluie.
Un autre homme sort en faisant de grands discours, on le suit aussitot, en vain...
Il recommencera cette scene trois ou quatre fois. Chaque fois, des voyageurs credules le suivront !

Vers minuit, je decide de ne plus regarder ma montre.
Cela va durer, a quoi bon m`en faire ?
Je ne bouge plus de ma place, installe sur mon gros sac a dos, finalement plutot favorise par rapport a beaucoup de voyageurs, exposes a la pluie.
Seule l`arrivee d`un bus me tire de la cabane, comme un ressort !

A chaque fois je reviens bredouille.
Soit le numero ne correspond pas. Soit le bus n`a pas de numero et reste gare pour longtemps...
Dans la cour, les flaques sont devenus des etangs et l`on saute d`ile en ile, pour la forme, car nous sommes crottes depuis longtemps.
Quand un bus sort de la gare, plein de passagers, la tentation est forte de se lever, pour verifier le numero. Aurais-je mal vu, rate le 90 dans l`obscurite ?
J`y cede deux heures, avant d`y renoncer.

Ce sont les premieres heures du 15 aout, fete nationale de l`Inde.
Aucun bus ne circule ce jour ferie.
Si je rate mon bus, je devrais attendre le 16 au soir... Cela motive pour rester eveille malgre la fatigue.

Pendant une heure ou deux, plus aucun bus ne rentre.
Soudain, je sens le jour qui se leve. Pas besoin de regarder ma montre, il est 5h, a quelques minutes pres...
J`ai du m`assoupir un moment. Autour de moi, les memes visages vont et viennent.
J`ai l`impression qu`un jeune d`une vingtaine d`annees, pousse par l`angoisse, n`a cesse de marcher toute la nuit, en quete du 89...

Un bus, puis un autre arrivent. Grand mouvement de voyageurs !
Mais ils se garent a l`exterieur de la gare routiere, Nous sortons pour voir leurs numeros : 86 et 88... Ils chargent les passagers sur la chaussee.
L`un apres l`autre, ils demarrent vers Jammu.


Plus tard, un autre bus, le 87 se gare aussi a l`exterieur.
J`ai envie de demenager mes affaires devant le portail de la gare.
Mais je me calme. Il pluviote, mes sacs sont au sec, qu`ils y restent !
Et je me rassieds a couvert.

Vers 6h10, une automitrailleuse precede un convois de bus impressionnant.
Cette fois c`est la bonne !
Sept ou huit bus entrent et se garent dans la cour en aspergeant les voyageurs les plus presses.
Je trouve enfin le bus 90 !

Retour a la cabane, je saisis les deux sacs, grimpe dans le bus.
Une vitre a explose et de nombreux eclats de verre sont eparpilles sur un siege et le sol.
L`Intifada continue. Car la plupart des passagers sont des pelerins hindouistes d`Amarnath. Et les separatistes cachemiris s`attaquent aux vehicules.
C`est la riposte aux 40 ha de forets que la societe organisatrice du pelerinage d`Amarnath a voulu acquerir en juin dernier au Cachemire...

Je monte sur la galerie du toit poser mon sac a dos, trop gros pour entrer dans les filets a l`interieur. Tant pis s`il pleut trop fort...
J`ai la place n. 1, derriere le chauffeur, j`y depose mon petit sac. Ma vitre est intacte...
Dehors, toilette soignee a un tuyau pres des toilettes. J`etais d`une salete repoussante, encrasse de boue.
Au retour, je remarque un vehicule tous terrains, dont plusieurs vitres ont eclate. Les cailloux ne coutent rien...

A 6h50, depart du bus 90 de la gare routiere de Srinagar.
Tout va bien, je suis a l`interieur...


Lionel Bonhouvrier.


Publié à 07:50, le 18/08/2008 dans O2. NUIT BLANCHE a SRINAGAR, Srinagar
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GOODBYE, CACHEMIRE ! (17.08.2008).



GOODBYE, CACHEMIRE !








Le 12 aout marque le tournant de mon sejour a Srinagar.
J`y sejourne depuis dix jours, mais je souhaite rester au moins une semaine supplementaire au Cachemire.

Le 11 aout, les signes negatifs s`accumulent.
D`abord, la greve generale dure depuis onze jours !
Avec son cortege peu rejouissant : boutiques fermees, operations ville morte, couvre-feu, combats de rues,...
A l`hotel Crescent, la soiree du 11 aout est lugubre...
Dans la salle du restaurant de l`hotel, les discussions vont bon train.
Mushtak, un des deux freres hoteliers, un Cachemiri, un Italien et le fils de Youssouf, nous discutons longuement de la situation. Le pessimisme est de rigueur.

Le 12 aout, je prevoie une matinee en barque pour voir le marche flottant .
Youssouf envisage un depart a 4h30, ce qui me convient.
Mais de 4h a 4h30, des tornades d`eau laissent peu d`espoir. Je me recouche.
Inutile d`aller retrouver Youssouf par un temps pareil.

Au cours de cette matinee du 12 aout, on m`apprend que la police a tue cinq jeunes manifestants musulmans.
Les combats de rues redoublent.
Tout est ferme. Les gens se cloitrent chez eux.
Voir ma reaction dans : DU SANG A SRINAGAR.

Le fils de mon hote, environ 20 ans, martele ses phrases avec une conviction de fanatique. Il compare la situation du Cachemire avec la Palestine. Une Intifada himalayenne, en somme.
Quand il parle d`Azad Kashmir, d`ouverture de la route vers le Pakistan, ses yeux brillent. Il apprecie l`ayatollah Khomeiny... Il veut l`independance pour le Cachemire.
Je me lasse de ses idees et de son style tranchant.
Je prefere parler avec Youssouf, le Cachemiri voisin et l`Italien toujours fourre chez nous.

Le soir du 12 aout, depite par cette journee d`inaction forcee, j`envisage de quitter le Cachemire plus tot que prevu.

Le 13 aout
de 4h30 a 8h, visite en barque du marche flottant aux legumes sur le lac Dal.
Cette merveilleuse promenade matinale sauve une journee sinistre...
Aucune boutique n`est ouverte.
Ma cyberboutique preferee reste cadenassee toute la journee a cause des combats de rues entre manifestants et forces de l`ordre.
En soiree, d`autres morts s`ajoutent a une liste deja longue...
(Voir l`article : GREVE GENERALE AU CACHEMIRE).

Au cours d`une promenade matinale, le 14 aout, sur le Bund le long de la Jehlum, je fais un bilan de la situation.
A quoi bon rester a Srinagar ?
Ce n`est plus une ville, mais un desert. L`ambiance est detestable.

Je dejeune dans une epicerie, la seule boutique ouverte a 1 kilometre a la ronde...
Discussion avec le patron de la situation politique.
Selon lui, la veille vers 19h30, la police est entree chez des gens et a tire. Le bilan est sanglant : 30 morts et de nombreux blesses.
C`est pourquoi les mosquees etaient en ebullition toute la soiree !
Pendant des heures, elles ne cessaient de diffuser des messages sonorises, truffes de Allah Akhbar...
Cela m`empeche longtemps de m`endormir.

Le patron souhaite l`ouverture des routes vers le Pakistan et vers l`Inde, pour assurer le ravitaillement correct du Cachemire.
-"A quand remontent les dernieres elections ?"
-"A 2002 ! Mais seulement 1 pour cent de la population a vote ! En realite, les partis politiques du Cachemire ne veulent plus d`elections. Ils veulent directement l`independance..."

En sortant du restaurant, je decide de quitter Srinagar et le Cachemire. Car a Gulmarg, a Sonamarg ou ailleurs au Cachemire, la situation sera aussi catastrophique.
Le mieux est d`aller a la gare routiere pour acheter un billet de bus pour Jammu. Et partir le lendemain matin par le premier bus.

Arrive a la gare routiere, je vais de surprise en surprise.
D`abord, les trois guichets sont pris d`assaut. Trois tres longues queues d`Indiens excites, compresses les uns contre les autres, me plongent dans l`ambiance.
Je prends la file numero deux...
Resolu a la plus absolue patience.


Une heure et demie plus tard, c`est mon tour.
Impossible de partir le lendemain pour deux raisons : c`est le 15 aout, fete nationale, aucun bus ne circule ; et l`on n`achete un billet que pour le jour meme...
J`achete aussitot un billet pour Jammu. A quelle heure part-il ?
Le guichetier est incomprehensible. Il ne sait pas ! Un bus part peut-etre dans une demie heure, un autre sans doute dans une heure, mais rien n`est certain...
Le temps de revenir a l`hotel, de preparer mon sac, impossible de prendre ces deux bus...
-"Y-a-t-il d`autres bus, Sir ?"
 Mais la foule derriere moi s`impatiente. Le guichetier s`occupe du client suivant et refuse de me repondre (d`ailleurs, me comprend-t-il, j`en doute).

Je fonce a l`hotel, prepare mon sac a dos, fais mes adieux a la famille tenant l`hotel Crescent.
Peu apres 16h, je suis de retour a la gare routiere.
Aupres du Manager, je trouve de meilleurs renseignements.
Mon bus est un bus de nuit. Il ne part qu`apres l`arrivee du bus de Jammu, prevue entre 19h30 et 20h30. Inutile de venir a la gare avant 20h...

J`attends sur un banc en face du Tourism Information Center, a deux pas de la gare routiere jusqu`a 19h30.
Retour a la gare routiere. Attendre, je sais faire...
Mais ce depart de Srinagar sera plus difficile que je ne l`imagine,
Voir l`article : NUIT BLANCHE A SRINAGAR.



Lionel Bonhouvrier.


Publié à 06:50, le 18/08/2008 dans O1. GOODBYE CACHEMIRE !, Srinagar
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AIGLES et HOUSE-BOATS de SRINAGAR (13.08.2008).

 

 

AIGLES et HOUSE-BOATS

de SRINAGAR

 

 

 

 

 

 

 

 

A ma descente du bus a Srinagar, ma premiere impression est la pugnacite des proprietaires de house-boats, voulant louer leurs chambres desesperemment vides.

La seconde, ce sont les aigles.

Ils planent au-dessus de la Jehlum, pres du house-boat ou je dors quatre nuits.

Depuis deux semaines, je contemple leurs vols planes au-dessus de la Jehlum, du lac Dal, des jardins moghols, ou de la chambre de mon hotel.

Leur elegance me transporte.

En Europe, nous ne vivons plus avec les aigles. Il faut absolument les y reintroduire.

 


A Srinagar, je loge d`abord dans un house-boat, le Life of Star.

Il est ancre sur la Jehlum entre deux ponts : Abdullah bridge et Zero bridge.

Une famille l` habite, composee de deux freres, ayant femme et enfants, et de leurs parents ages.

Trois chambres triples sont a louer, mais les affaires sont difficiles.

Peu de clients, qu`il faut racoler a la gare routiere a l`arrivee des bus.

Avec la concurrence des autres proprietaires de house-boat.

Entre les deux ponts et au-dela, de nombreux house-boats sont amarres.

Beaucoup sont vides, je pense...

 


*          *          *

 


Vers 6h30 un matin, une grande barque de bois a fond plat s`immobilise sur le fleuve a douze metres de ma chambre.

Quatre hommes habilles marchent sur le fond, de l`eau jusqu`au nombril.

L`un deux deplace la barque en tirant une corde fixee a la proue.

A l`aide d`une pelle, ils extraient de la vase dans le lit du fleuve pour remplir peu a peu leur barque. Les tas de vase s`amoncellent.

 


A 7h, trois barques sont immobilisees entre mon house-boat et le pont Abdullah.

Chaqu`une embarque trois ou quatre ouvriers.

A la poupe, une cabane  de planches contient sans doute leurs objets personnels. Son toit n`est qu`une bache de plastique.

Les tas de vase grossissent a chaque pelletee.

 


Le fleuve fourmille de vie a tous les moments de la journee.

Deux pecheurs dans leur barque approchent a quelques metres, jettent leur filet pres de la rive.

Dans le ciel, des aigles planent au-dessus de l`eau, en larges cercles.

Soudain, ils piquent dans l`eau, ramenent un poisson dans leurs serres.

Je tente de les photographier, mais mon appareil n`est pas adapte. Il me faudrait des heures de patience, pour un mediocre resultat.

 


Dans mon esprit, les aigles de Srinagar symbolisent les oiseaux, qui font de cette ville une merveille.

Innombrables, ils sont d`especes differentes.

Je distingue au moins trois especes de rapaces : aigles, buses, eperviers.

A leur silhouette et a leur vol, je compte au moins une douzaine d`especes differentes (corneilles, menates, etourneaux...), sans compter les moineaux, pigeons, tourterelles...